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 When Everything Began • { 2 YEARS AGO }

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Rain Lishka
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MessageSujet: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Mer 24 Déc - 14:45

On dit parfois que la fin justifie les moyens. Si tant est qu’on ait un but à atteindre, alors se donner tous les moyens possibles et nécessaire pour y accéder est tout à fait honorable. Bien sûr, quand ce but est le rétablissement de la paix dans le monde ou le sauvetage d’une vie, personne n’y trouvera rien à redire. Evidemment. Une cause noble, et les étapes ne comptent pas temps que le but. Au contraire, si la finalité de votre parcours est la réussite sociale, vous devenez un requin. Si c’est la vengeance, vous n’avez pas de cœur. Si c’est l’argent, vous êtes un matérialiste. Mais au fond, quelle est la différence entre une cause juste ou non, si pour l’accomplir vous devez éliminer ceux qui se trouvent en travers de votre chemin ? Il n’y en a aucune, en tout cas pas pour Rain. Tout juste âgée de 19 ans, elle ressassait cette même idée depuis maintenant trois longues années. Pour toujours arriver à la même conclusion : sa vie n’avait maintenant qu’un seul et unique but. Et rien ni personne ne l’empêcherait d’y parvenir. Rien.

Pour la comprendre, il faut remontrer un peu en arrière. Précisément le jour de son anniversaire. Ironie du sort peut être, toujours est t-il que c’Est-ce jour là que tout bascula pour elle. Au lieu d’une journée passée en compagnie de son frère ainé Evan et de son père Neil, ce fut un réel drame qui se passa. La marquant plus profondément qu’elle ne veut bien le laisser paraitre. En l’espace d’un instant, son monde s’est effondré. Tout comme Evan, dont le dernier sourire lui était adressé. Tout comme Neil, les yeux fixés sur elle. Une seconde ils étaient là, la suivante non. Et elle s’était retrouvée seule, totalement seule. Seule dans un minuscule appartement payé par son maigre salaire dans un restaurant. Totalement seule, dans le doute le plus totale. Sur le moment, elle n’avait pas la moindre idée du pourquoi de leur exécution. Pourquoi on avait subitement décidé d’ôter la vie aux deux personnes qui comptaient le plus pour elle. Sa seule famille. Finalement, après des heures et des heures de recherches, la vérité ne pouvait plus être dissimulée. Il avaient été exécutés par une organisation rivale. Tous deux étaient des tueurs à gages, et parmi les meilleurs. Cela, elle ne l’a apprit que récemment, mais cela ne vient pas ternir l’image de ses héros. Pour elle, Neil restera à jamais le père aimant, et Evan le grand frère protecteur qu’elle idolâtrait. Et elle les vengera. Leur heure n’était pas venue, et celui qui était responsable de son malheur allait payer.

Cette vengeance, ancrée entre elle depuis qu’elle avait mis à jour la vérité, était la raison de sa présence ici. Dans cet étrange bar situé en plein centre de la ville, mais si bien dissimulé qu’elle avait du suivre à la lettre des instructions ultra précise donnée par le seul homme qu’elle avait réussit à contacter. Probablement un vieil ami de son père. L’endroit était assez sombre, mais propre et moderne. Etrange. Assise dans un coin, ses cheveux dissimulant la moitié son visage, la jeune femme attendait, une tasse de chocolat brûlant entre les mains. Elle savait à quoi s’attendre, puisqu’elle avait demander à rejoindre la Triade, sans aucune intention de revenir sur les mots qu’elle avait prononcés. Pour le moment, elle n’avait rien. Pas d’autre arme qu’un pistolet sans munitions qu’elle avait retrouvé dans les affaires de son frère. Rien d’autre que sa détermination sans faille. Elle n’avait plus qu’à attendre. On lui avait dit qu’elle n’aurait affaire qu’à celui chargé de sa formation. Evidemment, il ne fallait prendre aucun risque : même si elle était la dernière représentante d’une famille connue et respectée, elle était logée à la même enseigne. Une novice qui pouvait tout à fait se révéler inapte à rejoindre la Triade si difficile d’accès, bien que la réalité soit tout autre pour elle : elle avait l’intention de retrouver l’assassin de sa famille. Et ça, elle en était incapable seule …

Son regard se perdit dans la contemplation du liquide brûlant. Ses pensées se bousculaient, cherchant à se frayer un chemin jusqu’à elle, sans y arriver. Il fallait l’avouer, elle était totalement perdue. Depuis trois ans. Un léger soupir s’échappa de ses lèvres quand le bruit de la porte s’ouvrit avec un léger grincement. Sa gorge se serra : le moment était venu …

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Vaughn Llewelyn
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MessageSujet: Re: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Mer 24 Déc - 14:48

Contacté quelques mois auparavant, Llewelyn avait pris bien soin de ne pas s’affoler lorsqu’avait retenti aux creux de ses oreilles le nom de Lishka. Lishka. Comme le nom de l’homme qui lui avait tout appris, celui sur qu’il pouvait toujours compter, qu’il considérait comme un père de substitution sans jamais l’avouer. Lishka. Comme le nom d’un fils, d’un homme du même âge que lui. Comme le frère qu’il n’avait jamais eu, celui avec qu’il ne partageait jamais ses conquêtes, à qu’il ne demandait jamais conseil en matière de séduction mais qui l’avait sauvé des griffes de femmes hystériques à de très nombreuses reprises. Lishka. Comme le nom d’une fille, d’une sœur. Une jeune femme qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, dont il n’avait même jamais eu vent. Il n’aurait jamais soupçonné son existence jusque quelques mois auparavant. Elle lui avait téléphoné par une chaude nuit d’été. Il avait aussitôt répondu lorsqu’était apparu son nom sur l’écran. Lishka. A la vue de ce nom, ses yeux s’étaient arrondis de surprise, et sa mine s’était figée. Lentement, il avait vu défiler devant ses yeux d’innombrables souvenirs. Des moments clefs de sa vie qu’il avait partagés en leur compagnie. Des rires, des pleures, des surprises, des peurs. Lorsqu’elle avait commencé à parler, difficilement, hésitante, Nolhan avait frémi de stupeur, tandis que sa main s’était resserrée autour du combiné. Il avait aussitôt reconnu un timbre de voix unique, une fibre vocale qu’il avait déjà perçue. Elle avait la même voix que son père. Alors, après de nombreuses semaines d’hésitations et de surprise, il avait décidé de lui donner sa chance et puis, il avait toujours la solution de fuir s’il pensait qu’elle n’avait pas le niveau, la carrure, le mental. Il avait toujours cette solution. Mais au moins, il devait aller à sa rencontrer. Lui donner sa chance. Pour son père, pour son frère. Par respect. Par amour.

Les jours avaient passé, sans jamais se ressembler. Sa vie était bien trop intense, ses journées bien trop singulières pour se répéter. Il lui arrivait de ressentir cette sensation de déjà-vu, mais elle ne durait que quelques secondes. Tout était si différent à chaque fois. Les contrats, les voyages, les contacts. Comment pouvait-il seulement vivre un semblant de routine ? C’était impensable, tout bonnement inimaginable.

Descendant de sa Mercury, il referma la porte d’un geste brusque, tentant de cacher une certaine anxiété. Il n’était pas du genre anxieux, il ne faisait pas une montagne de tout ce qui lui arrivait, ne planifiait pas sa vie des semaines à l’avance, préférant vivre au jour le jour sans avoir à s’encombrer de peut-être et d’éternelles interrogations. Ses décisions, il les prenait lorsqu’il avait à les prendre, ni plus tôt, ni plus tard. Juste lorsqu’il le fallait. Et puis, même si être recruté par la Triade quelques années plus tôt, l’avait poussé à grandir plus vite, il était encore jeune. Jeune et sincère. Il se laissait quelques fois guidé par ses sentiments, et non pas seulement par les ordres et les règles. C’était une partie de lui : Son âme, sa fausse naïveté, son cœur. Il était encore jeune.

Poussant nerveusement l’immense porte boisée signalant l’entrée du bar, Nolhan jeta un regard circulaire à la pièce avant de fixer son regard sur une jeune femme brune, de dos, les mains serrées autour d’une tasse de porcelaine, de laquelle s’échappait une fine fumée légèrement grisâtre. Durant de longues minutes, Nolhan resta debout auprès de la porte, la retenant d’une main pour l’empêcher de claquer contre le cadre de bois, fixant la jeune femme d’un œil lumineux, nostalgique. Après avoir examiné minutieusement sa façon de se tenir et d’observer son environnement, Nolhan décida qu’il était temps. Enfin. Il relâcha soudainement la pression de sa main contre la porte, et d’une allure neuve et fraiche, il jeta un coup d’œil autour de lui, tentant de paraître le plus surpris possible lorsque Rain se retourna vers lui furtivement. Et il le fut vraiment. Son visage, son regard. Elle était une Lishka.

Avançant vers elle, un tiers de sourire se dessina le long de ses lèvres, tandis que ses mains s’agitèrent nerveusement dans ses poches. Un souffle. Un pas. Puis deux. Puis trois. A quelques mètres d’elle seulement, il enfouit sa main droite dans sa poche, et aussitôt, un froissement de feuille s’en échappa. Une feuille blanche. Un nom. Ce n’était pas une si bonne idée que ça. Ce n’était pas le moment de s’en servir.

Qu’allait-il lui dire, qu’allait-il faire ? Il n’en avait aucune idée. Il était seulement certain qu’il n’évoquerait pas son père tout de suite, ni son frère. Il ne voulait pas voir la lueur de vengeance s’animer dans son regard. Il ne voulait pas être responsable d’une blessure rouverte.


« Un café avec une noisette de lait, et trois sucres. Merci. » S’asseyant au côté de la jeune femme, il observa en une courte seconde sa main se resserrée contre sa tasse, avant de lever les yeux vers son visage, vers son regard. C’était un trait commun aux Lishka, il en était persuadé. Elle le perturbait en un regard, comme avait l’habitude de le faire son père.

« Vaughn. » Prononça t-il tout en replaçant son regard devant lui.

Vaughn. Il savait quasiment tout d’elle depuis ce coup de téléphone. Au contraire, elle ne savait rien de lui. Seulement ce qu’il lui dirait.


« Vous avez ses yeux. » Ne put-il s’empêcher de dire.

« Parlons peu, parlons bien. » Reprit-il finalement, dodelinant rapidement de la tête, effaçant toute nostalgie, tout possible mélancolie de sa voix, de son regard.

Ils n’étaient pas là pour ça.

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Rain Lishka
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MessageSujet: Re: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Mer 24 Déc - 14:56

Pourquoi faisait t-elle cela ? Pourquoi se rendait t-elle dans cet endroit pour rencontrer le contact de son père en sachant pertinemment qu’il avait de grandes chances que sa vie se retrouve bouleversée de fond en combles ? Rain ne pouvait le dire avec exactitude, mais pourtant une chose était certaine : elle se sentait plus proche que jamais de sa famille disparue, comme si tenter de suivre leur trace lui permettrait d’en savoir un peu plus. D’apprendre ce qu’ils n’avaient jamais voulu lui dire. Percer leur secret. Trop jeune à l’époque pour être mise au courant, elle ne pouvait imaginer la réalité de ce qu’il vivait. Or, elle devait maintenant y faire face, et, bien que pleine d’appréhension, elle ne voulait pas revenir en arrière. Ne pouvait pas. Aucune autre alternative ne s’offrait à elle, c’était un fait. La seule chose qui l’animait maintenant, c’est l’idée de justice qui s’implantait de plus en plus profondément en elle, telle une évidence à laquelle elle n’avait jamais songé. Et aujourd’hui, elle n’avait jamais été si proche de son but. Bien que la tournure de l’entretien était encore sujet à réflexion pour elle, c’était néanmoins son unique chance de rejoindre les rang jadis occupés par ceux auxquels elle tenait le plus au monde. Avant.

Lorsque que le bruit d’une porte se refermant lentement l’arrachant à sa rêverie, la jeune femme mit quelques secondes avant de se retourner. C’était le moment où jamais, et pour être tout à fait sincère, elle était anxieuse. Voir très anxieuse. Evidemment, ce sont des choses qu’elle ne laisserait jamais transparaitre, réfugiée derrière une armure de gaité qui contrecarrait radicalement son état d’esprit réel. Mais elle ne pouvait pas laisser son émotion prendre le dessus, surtout pas maintenant. C’était tout simplement impossible. Trop risqué. Alors, avec une inspiration à peine perceptible, elle se força à adopter un regard qui dissimulait son angoisse grandissante, et se mordit la lèvre. Et si elle s’avérait indigne du nom de Lishka ? Et si l’on estimait inutile de l’intégrer au rang de l’organisation? Et si … ? Ses interrogations ne faisait qu’accroitre sans inquiéter, ce fut un peu trop rapidement qu’elle se retourna. Croisa son regard. Retint un hoquet de surprise. Elle avait échafaudé nombre de scénarios possibles depuis le coup de téléphone au numéro d’urgence laissé dans le portefeuille d’Evan. Le même que celui de son père. Mais jamais elle aurait cru que celui qui viendrait à elle serait sensiblement du même que son frère ainé. Et bien qu’ils ne se ressemblent guère, elle ne pouvait s’empêcher de faire le lien entre Evan et le nouveau venu. Sans savoir pourquoi. Quelque chose d’indéfinissable dans son attitude.


« Rain. »

Elle n’ajouta rien de plus. Ainsi son nom était Vaughn. Cela ne lui disait, même si elle avait surpris de nombreuses conversations, croyant naïvement à l’époque à la couverture d’avocat de son père. Ses mains encerclant toujours la table, elle leva les yeux vers lui. Et une fois encore, ne puis retenir sa surprise: elle s’était attendu à quelqu’un de beaucoup, beaucoup plus âgé. Mais elle n’allait pas se forger d’opinion à la vas-vite : on dit que le talent de compte pas le nombre des années. Elle restait seulement étonnée que le seul numéro laissé par son père soit celui de quelqu’un de si jeune.

Une expression de surprise figea ses traits une fraction de seconde lorsqu’il mentionna ses yeux, vite chassée par un voile de nostalgie. Sans aucun doute, il avait connu son père. Mais si la première chose à laquelle il pensait en la voyant était la similitude de son regard avec celui de son père, malgré le nombre d’années écoulée, c’est qu’il y avait une raison. Ils avaient du bien se connaitre. Sa lèvre trembla imperceptiblement à cette idée, puis elle se reprit, esquissa un sourire. Signe qu’elle refoulait son émotion, protégée par la carapace qu’elle avait bâti autour d’elle.


« On me disait souvent cela, avant. » Sentant qu’elle risquait de déraper, un masque d’impassibilité apparut son visage, en réponse à celui de son interlocuteur. Lentement, elle acquiesça d’un signe de tête, puis releva son regard pour le fixer dans le sien. Les mots qu’elle avait prévu de dire semblaient avoir disparu, et ce fut sans réellement savoir dans quelle direction elle allait qu’elle prit la parole d’une voix calme, mais cependant assurée.

« Merci d’avoir accepté de me rencontrer. Je sais que rien ne vous y obligeait, j’apprécie d’autant plus. » C’était tout de même la moindre des choses pour commence. Hésitant une petit seconde, son regard se perdant dans le liquide chocolat, Rain faillit se taire, mais savait qu’il lui fallait continuer.

« Je … Nous savons tous deux pourquoi je vous ai appelé, et tout ce que je vous ai dit était vrai. » Son regard se fixa dans celui de Vaughn, tandis qu’elle continuait, plus hésitante. L’idée de répéter ce qu’elle avait dit ne lui était pas très agréable. « Je crois … Non, je sais que j’ai besoin de votre aide. » Une pause. Plus les secondes passaient, et plus elle savait que c’était lui, et lui seul qu’elle devrait convaincre. « Je ne vous décevrais pas, » Un léger sourire, presque invisible. « Du moins, je ferais de mon mieux. Mais je vous demande de me laisser une chance. »

Son ton n’était ni suppliant, ni autoritaire. Elle adressait simplement une requête à un inconnu pour elle, mais un proche de son père et d’Evan. Se taisant un instant, elle remit ses cheveux en place de façon mécanique, un signe de malaise cette fois. Son futur dépendait entièrement de lui. De Vaughn. De cet instant.

« Pour eux. » Nulle précision n’était nécessaire pour ces mots murmurés sur bas qu’elle doutait même qu’il les ait entendus.

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Vaughn Llewelyn
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MessageSujet: Re: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Mer 24 Déc - 15:00

Se délectant du spectacle que lui offrait la gente féminine, à savoir des sourires par centaine et des regards très significatifs, Vaughn continua toutefois son chemin s’armant de ce pas démesurément assuré qui lui était propre et dont il jouait qu’importe les circonstances. A mesure qu’il se rapprochait du bar, tandis que la distance le séparant de Rain diminuait considérablement, il se surprit lui-même à respirer par petits coups, à agiter ses mains le long de son corps et à remuer ses épaules tel un pantin que l’on actionne par deux fines baguettes de bois. Même s’il prenait grand soin de cache ce mal aise inopiné, son cœur, lui, semblait échapper à toutes les règles Llewelyn en battant à tout rompre à l’intérieur de sa cage thoracique, forçant le jeune homme à sourire de manière intempestive pour dissimuler la gêne qui s’emparait encore un peu plus de lui. Lorsqu’il arriva à destination, après plusieurs silences plutôt pesants –il fallait bien l’avouer-, la langue de Rain commença à se démêler même s’il comprenait tout à fait la difficulté de cette épreuve, de ce moment. Il avait beau répéter à ses collègues que la règle d’or lors d’un entretien était de ne montrer aucun signe d’affection et d’aussitôt imposer une distance avec la recrue, Vaughn semblait transformé ce soir-là. Il avait oublié le regard sérieux et ferme sur sa table de chevet, arborant à la place une mine presqu’attendrie. Il paraissait compréhensif.

Et comment ne pas l’être. Elle n’était pas n’importe qui. Qui le veuille ou non, elle était la fille de son défunt formateur, la fille de celui qu’il considérait comme son père de substitution, elle était sa demi-sœur de sub’ … Tout compte fait, il valait mieux éviter de le mentionner. Mais, elle représentait quelque chose. Un point de son passé et, étrangement de son futur. Il reconnaissait un regard, un sourire, des manies. Il revoyait Evan à travers elle, il revoyait Jens dans son regard. Et même s’il avait lu un dossier d’une centaine de page à son sujet, rien de ce qu’il avait lu ne valait ce qu’il voyait. Parce qu’en la regardant, il percevait ses émotions, il lisait sa détermination, il sentait ses points forts et devinait son point faible.


« Beaucoup de choses m’y obligeait. Enfin, elles ne m’obligeaient pas. Mais, vous voyez … » Tandis que ses paroles insensées, qui finiraient par ne plus rien vouloir dire s’il ne s’arrêtait pas maintenant, étaient appuyées par des petits gestes vifs exprimant clairement le moment de réflexion dans lequel il venait de se plonger, il attrapa le verre de whisky le plus proche, fermant les yeux lorsque le liquide commença à l’apaiser. Lui, Vaughn Llewelyn, apaisé. On aura tout vu. Tout entendu.

« Si vous ne voyez pas c’est normal. » Finit-il par souffler, reposant son regard dans le sien. C’est vrai qu’il avait tendance à énormément parler lorsqu’il n’était pas à l’aise, enfin, il parlait énormément en tout temps, mais lorsque ses émotions prenaient le dessus, son taux de paroles insensées augmentait considérablement. « Ce que je veux dire … » Reprit-il plus calmement. « C’est que, je vous devais cet ‘entretien’ » Bien évidement, ne pouvant s’empêcher d’être … lui, il imita les guillemets avec ses doigts alors qu’il prononçait le mot entretien, mais sans y donner plus d’importance qu’il en avait réellement. Il ne s’arrêta pas sur cet instant d’humour plat, et préféra reporter son attention sur Rain, qui jusque là, était restée silencieuse. Des fois, il pensait vraiment effrayer les gens.

« Je vous aiderai. » Dit-il sans plus attendre. Ce n’était pas dans ses habitudes de faire des promesses, ni dans ses habitudes d’être aussi rapide. Mais il ne pouvait s’en empêcher. C’était comme un automatisme. Un stupéfiant et opiniâtre automatisme. Dieu qu’il haïssait être le pantin de ses sentiments. Même pour les Lischa. Il avait toujours détesté être aussi malléable. Toujours.

Toutefois, après une très courte mais utile réflexion, Vaughn redoubla d’efforts pour ne plus être un tel jouet et ne pas avoir à lui révéler le lien qui l’unissait à sa famille. Ce serait très mauvais pour sa formation, très mauvais pour elle comme pour lui. Pour eux. Elle ne devait savoir que très peu de choses. Il connaissait Jens, il connaissait Evan. Il avait travaillé avec eux. Rien de plus. Elle ne devait pas être mise au courant de l’attachement considérable qu’il éprouvait, encore aujourd’hui, à leur égard. Elle se contenterait du minimum. Et lui aussi.


« Enfin. » Recommença t-il, la voix un peu plus sérieuse, tentant de se dénuer de tout sentiment possible d’affection. « C’est une manière de parler. » Mais bien sûr. « Comprenez que, je dois observer vos compétences avant de vous juger. Apte ou non. » Et même s’il ne doutait pas une seconde de sa motivation, de sa détermination, même s’il était persuadé du talent qu’elle renfermait pour ce job, il se devait de passer par des étapes plus officielles. Il n’était pas du genre à déroger aux règles. Il ne l’avait jamais pas fait jusque là. Jusque là.

« Puis-je vous poser une question avant tout ? »
« Oui. »

« Comment avez-vous eu … mon numéro ? »

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MessageSujet: Re: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Mer 24 Déc - 16:46

Il y a des instants où vous sentez que votre vie va basculer. Des instants consécutifs des choix passés qui d’avèrent déterminants pour votre futur. Le moindre mot, la moindre décision prend alors une importance énorme, puisque de cet instant dépend la suite. Pour Rain, cette rencontre était l’un de ses instants. Si la suite s’avérait concluante, alors son destin allait changer. Elle allait abandonner la vie qu’elle menait tant bien que mal pour suivre les traces de son père et d’Evan, mais surtout les venger. Un frisson d’adrénaline la parcourut alors qu’elle réalisait l’importance de sa démarche, les conséquences possibles que cela allait entrainer. Mais elle savait pourquoi elle était là, y avait purement réfléchit. Les venger. C’était le but profond de sa démarche, sa raison de vivre. Trouver le responsable. Pourtant, ce n’était pas à cela qu’elle pensait en ce moment. Les yeux fixés vers Vaughn, elle l’écoutait parler, légèrement confuse. Il parlait rapidement, d’obligations et d’entretien avant de lâcher les mots qu’elle attendait. Sans prévenir, si vite, si rapidement, il lui promis de l’aider.

Rain lâcha un léger soupir, ses lèvres s’étirant en un fin sourire. Elle n’aurait pas cru réussir à la convaincre, avait imaginer mille arguments plus farfelus les un que les autres. Sans éprouver le besoin de parler, son regard signifiant toute la reconnaissant qu’elle pouvait éprouver, elle l’écouta, détaillant son visage, son attitude. Il lui rappelait Evan. Cette posture confiante, l’expression de son visage, le regard. Ils auraient presque pu être frère, tant ils se ressemblaient. Refusant de penser à lui, la jeune femme releva les yeux vers Vaughn, acquiesçant d’un signe de tête. Les tests. Cela ne l’effrayait pas, du moins pas autant que cette entretien. Car en donnait le meilleur d’elle-même, elle y arriverait. Alors qu’un face à face pouvait se révéler piège. Un tir était, à bien des points de vu, moins difficile que soutenir un regard. Surtout quand celui-ci vous juge.


« Je l’ai depuis longtemps, mais je n’avais pas eu le courage de m’en servir. »

Elle revoyait la boite contenant les affaires personnelles de son père qu’on lui avait rapporté. Clés, portefeuilles, cartes d’identités, photos … Elle revoyait son désarroi, sa peine, sa peur. Elle se revoyait trois ans plus tôt, dévastée. Maintenant, elle avait accepté la situation, puisqu’elle ne pouvait plus rien y changer.

« Dans le portefeuille de mon père. »

Elle releva la tête vers lui, quittant les pensées qui l’assaillaient brutalement. Le regard bienveillant de Jens, le sourire moquer d’Evan. Les souvenirs qui revenaient le plus souvent, auquel elle s’efforçait de ne pas penser. C’était trop douloureux. Le plus étrange cependant était l’expression de son visage. Probablement aussi songeuse que la sienne. Rain avala une gorgée de chocolat, puis continua :

« Il n’y avait qu’un seul numéro, à contacter seulement en cas d’extrême urgence. Je ne sais pas si c’était le cas, ni ce à quoi il pensait à l’écrivant, mais vous étiez la seule personne vers qui je pouvais me tourner. »

Elle se tut, retombant dans ses pensées. Encore maintenant, elle ne savait pas pourquoi c’était sur lui que son père avait placé toute sa confiance. Quelqu’un de l’âge de son frère. Cela prouvait sans aucun doute sa valeur, mais elle ne cessait de s’interroger. Comme toujours. Cependant, elle se devait se focaliser sur l’essentiel : si c’était lui que son père avait désigner, c’est qu’il était un agent exceptionnel. Et elle allait devoir tout faire pour ne pas le décevoir.

« Je peux vous demander quelque chose ? »

Elle hésita un instant. Peut être n’était ce pas le moment, ni l’endroit. Mais la question lui brûlait les lèvres, et l’occasion ne se représenterait peut être pas avant plusieurs mois. Peut être pas du tout même. Il lui fallait se lancer.

« Est-ce que… Avez-vous connu mon frère ? Il s’appelait Evan, il devrait avoir à peu près votre âge maintenant. »

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MessageSujet: Re: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Dim 28 Déc - 12:46

[ Ca va être grave pourri de chez pourri :rollroll: ]

Alors que le corps ciblé tombait lourdement contre le sol, tandis que l’impact sourd de la balle résonnait encore aux creux de ses oreilles, Vaughn dessinait habituellement un sourire teinté de satisfaction et d’une once de fierté. Car oui, il était bel et bien fier. Fier de ses actes, des armes utilisées, de l’organisation pour laquelle il accomplissait ses contrats. Et puis il y avait les motivations, les raisons qui le poussaient à agir. Elles remontaient si loin, étaient si intenses. Il se réveillait avec, vivait avec, dormait avec. Il ne se passait pas une journée, une minute même sans qu’il ne sente son cœur s’emballer à la suite de cette lointaine mais profonde pensée. Sa famille, son père, sa sœur, Jens, Evan. Il vivait pour eux. Il se battait pour eux.

« Je comprends. » Souffla t-il tandis qu’elle mentionnait ce manque de courage, cette peur certaine du futur et des découvertes qui accompagnaient ce numéro si banal à première vue. Oui, il comprenait. Bien plus qu’elle ne pouvait penser. Il avait déjà ressenti cette peur, cette tristesse, ce mélange inhumain d’émotions, ce vrac de sentiments anesthésiant muscles, esprit et cœur. Il l’avait ressenti et surmonté. De la même manière qu’elle. En téléphonant. Il ne pouvait simplement pas se défaire et l’abandonner. Comment aurait-il pu ? Il se revoyait à sa place, des années auparavant avec pour seule motivation la vengeance. Une motivation malsaine, qui continuait de l’animer aujourd’hui, même s’il prétendait le contraire.

A voir le regard qu’elle lui lançait, le demi-sourire s’étirant sur ses lèvres, Vaughn sentit l’instant de sûreté qu’il venait de lui offrir. S’il n’y avait pas eu l’atmosphère pesante et gênante qui les entourait, s’il n’y avait pas cette relation de presque hiérarchie qui s’installait peu à peu, il aurait très certainement profité de la situation, de ce moment de vulnérabilité. Il aurait agit égoïstement, sans se poser de questions. Il aurait pensé à lui, et à lui seul. Voila pourquoi aucun Hitster sein d’esprit n’appuyait sa demande lorsqu’il cherchait à devenir Senseï. Il n’en prenait pas encore conscience mais former une recrue demandait une véritable implication personnelle, ce que Vaughn ne faisait jamais. Lui n’avait appris qu’à mettre de la distance avec les autres, ne jamais s’attacher, ne jamais s’impliquer personnellement.


« Je, et bien, oui je le connaissais ... » En quelques minutes, la situation s’était renversée. Même s’il était depuis le début de l’entretien, creusé par l’exact même sentiment de vulnérabilité, on pouvait croire que grâce à son statut de tueurs à gages, il disposait d’une certaine supériorité, une place plus forte, plus élevée. En temps normal, les questions de la jeune Rain n’auraient en aucun cas pu déstabiliser Vaughn. Mais ici et maintenant, rien ne se déroulait normalement. Alors une simple question de sa part, et tout basculait.

« C’était un tueur hors-pair. » Ajouta t-il, soutenant son regard du mieux qu’il pouvait, cachant les méandres de son cœur derrière un début de sourire.

Il ne pouvait tout simplement pas lui avouer le lien qui l’unissait à Evan. Il ne pouvait pas lui dire à quel point ils étaient proches, combien ils aimaient passer leur temps ensemble lorsqu’ils avaient tout deux terminer une mission. Il ne pouvait pas. Il n’en avait pas le courage.


« Je n’avais pas la chance de le connaître personnellement. Mais croyez-moi, tout le monde l’aimait. » Et puis il ne mentait pas complètement, il s’incluait de manière implicite dans le « tout le monde », non ?.

« Je suis … désolé pour … enfin vous savez. » Il n’aimait pas les condoléances, détestait remuer le couteau dans la plaie. Lui rappeler de tels souvenirs, de tels événements qu’elle tentait de dépasser depuis des années. Il haïssait avoir à annoncer de mauvaises nouvelles mais encore plus être celui les ramenant à la surface. Dieu qu’il se haïssait.


[ Je suis désolé de pas faire avancer les choses >< mais là je bloque XD]

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Rain Lishka
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MessageSujet: Re: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Dim 28 Déc - 18:38

Pourquoi, parmi toutes les questions qui la taraudait, avait t-elle choisit de poser précisément celle qui la touchait le plus. Pourquoi évoquer maintenant le sujet qui lui tenait le plus à cœur. Celui dont elle refusait de parler à qui que ce soit. Celui qui était la raison même de sa venue. Habituellement, elle restait murée derrière un mur de froideur, afin de ne pas laisser penser à ses interlocuteur qu’il avait affaire à quelqu’un de différent. Pourtant, en face de cet homme qu’elle rencontrait pour la première fois, elle avait adopté une attitude totalement opposée. Pourquoi, elle n’en savait rien. Que son père lui ait laissé son numéro parmi d’autre avait certes un rôle à jouer, mais pas seulement. Qu’il ressemble à son frère en étant pourtant différent non plus. C’était autre chose qui la poussait à lui faire confiance. Quelque chose dans son regard, sa façon de lui parler, de la regarder. Evidemment, elle ne pouvait se fier à une première impression, mais c’était trop tard : en peu de mots, il avait réussit à la convaincre. C’était aussi simple que cela, d’un côté : la convaincre qu’elle avait eu raison de faire appel à lui.

Son cœur se serra lorsqu’il acquiesça. Un mélange d’attente et d’appréhension l’envahit, malgré ses effort pour le dissimuler. L’attente parce qu’elle rencontrait enfin quelqu’un qui avait connu Evan vivant. Quelqu’un pouvait comprendre, même à un moindre degré, la perte qu’elle avait ressentit. L’attente, parce que, pour la première fois depuis plusieurs année, elle n’avait pas l’impression de s’accrocher à des fantômes. Mais également de l’appréhension. Parce qu’elle n’avait aucune idée des liens unissant les tueurs à gage. De la façon dont son frère avait pu être perçu. Qu’il s’avère n’être qu’un agent comme les autres, sans intérêt. Ce qu’elle n’aurait pas supporté. Elle l’écouta sans un mot, tressaillant à peine au mot tueur. Car il fallait ce rendre à l’évidence, Evan avait été un tueur. Comme elle allait le devenir. Comme elle l’avait apprit il y a peu de temps de cela. Pourtant, elle n’était pas choquée, ayant eu le temps de se faire à cette idée. Un léger sourire apparu sur son visage quand il mentionna la cote de popularité de son frère. Remplacé bien vite pas une expression nostalgique. L’image d’Evan riant et ami avec tout le monde lui revenait en mémoire, et elle du faire appel à tout son sang froid pour rester impassible. Ce qu’elle ne parvint pas à faire. Sa mâchoire se serra, et elle se mordit la lèvre avec violence quand il sous-entendit leur mort.


« Merci. »

Sa voix était peu assurée, et elle du regarder au loin pour dissimuler les larmes qui menaçaient de lui monter aux yeux. C’était inhabituel, ce genre de réaction. D’habitude, elle restait impassible. D’habitude, elle prenait tout avec fierté, sans le moindre signe d’émotion. Mais d’habitude, ce n’était pas lui qu’elle parlait.

Lorsque qu’elle fut certaine, après un instant, de pouvoir contrôler son expression pour ne laisser trahir aucune émotion, elle releva les yeux vers lui, cherchant son regard. Elle voulut continuer, mais se retint. Parler de son père était encore plus délicat. Beaucoup trop délicat. Au lieu de cela, elle inspira longuement, puis reprit :


« Pour … Vous savez, la suite, enfin le reste… Je suis sensée faire quoi ? »
« Retrouvez moi ici, dans une semaine. »

Il sortit un bout de papier sur lequel était écrit une adresse. Rain jeta un rapide coup d’œil : la rue lui disait vaguement quelque chose, un quartier plutôt mal famé de la ville. Elle tut néanmoins sa surprise, et opina d’un signe de tête :

« J’y serai. »

Plus rien ne la retenait ici désormais. La rencontre fut brève, mais pourtant si riche à la fois. Elle avait fait la connaissance de la dernière personne que son père lui avait indiqué. Ne regrettait rien, où que cela puisse la mener. Qu’elle réussisse ou échoue n’importait plus maintenant. Le premier pas, le plus difficile, était fait. Et il lui avait promis de l’aider. Lui. Vaughn. Tous ses espoirs reposait sur celui qui lui faisait actuellement face, mais elle n’était pas effrayé. Pour un temps du moins, elle ne serait plus seule. Elle avait franchit un pas de plus dans le chemin qui la mènerait à la vérité. La vengeance. D’un bond, elle se leva, fit un pas de côté, puis hésita. Elle aurait voulu trouver quelque chose de subtile à dire. Quelque chose de pertinent, montrant sa détermination sans en faire trop. Mais elle en était incapable. Son aplomb s’était envolé en même temps que son enveloppe de froideur. Grace à lui ? Elle ne pouvait le dire.

« Je ne sais pas ce que je devrais dire pour vous montrer à quel point je vous suis reconnaissante de ce que vous avez fait pour moi. Vraiment. Je ne vous décevrait pas. »

Une dernière seconde, elle le regarda, incapable de détourner les yeux, puis tourna les talons pour s’éloigner sans se retourner. Sachant que ses yeux étaient fixés sur son dos. Lorsqu’elle eu franchit la lourde porte, elle courut vers sa voiture, s’installa au volant et laissa les larmes couler sur ses joues. Le trop-plein d’émotions avait eu raison d’elle. Mais ce n’était plus des larmes de désespoir. Maintenant, elle avait trouvé un but. Elle ne serait plus impuissante face à sa tristesse. Elle ne serait plus seule. Il était là, elle le savait.

Vaughn.

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Vaughn Llewelyn
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MessageSujet: Re: When Everything Began • { 2 YEARS AGO }   Mar 30 Déc - 13:43

C’est étonnant à quel point une rencontre des plus banales au premier abord, peut se révéler fatidique et faire basculer une vie dans sa totalité. C’est surprenant à quel point des mots mis bout à bout peuvent transcender une personne avant de se perdre dans un flux continu de regards bien plus significatifs. C’est alertant de voir avec quelle simplicité un homme peut se retrouver désarmé, au simple contact d’une émotion trop envahissante, d’un trop grand sentiment de nostalgie. Des émotions qui rapprochent les hommes et les femmes, qui les apposent sur un pied d’égalité. Les on-dit racontent que les femmes extériorisent plus facilement ce qu’elles ressentent. On raconte aussi qu’il est plus habituel de rencontrer un homme au cœur de pierre qu’une femme. On raconte tellement de choses, que le simple fait de voir l’exact opposé se produire, fait naître en n’importe qui l’impression de rêve, d’imaginaire. On entend alors des « Dîtes-moi que je rêve » tous azimuts, et personne n’y prête plus attention que cela. C’est ancré dans le mode de vie des terriens, des européens, des danois. Mais pas de Vaughn. Lui le premier rompt avec ses adages. Il a déjà rencontré des femmes au cœur-de-pierre, c.à.d. celle ayant résisté à son charme, ou des hommes fleurs bleues aka ceux lui ayant fait du gringe ; et même, lui n’appartenait à aucun catégorie vraiment précise. Il avait pleuré, toutes les larmes de son corps lors du décès de son père, ressenti un premier déchirement à la mort de Rose, puis un second plus exténuant encore, lorsqu’on lui avait retiré Jens et Evan. Alors, à la suite de ces trop nombreux événements, il avait muré son cœur et son esprit, cloitré ses sentiments pour mieux les jeter au fin fond de son corps et ne plus jamais ressentir la moindre émotion. Il s’était promis de ne plus s’attacher, de profiter de l’autre sexe comme d’un simple jouet en plastique pour ne plus ressentir la peur, la déception, la tristesse. Il préférait vivre seul dès le début que mourir seul par la force des choses, la force d’une balle de neuf millimètre. Mais il venait de faire la rencontre de Rain. Et sa vie venait de basculer. Il ne le savait seulement pas encore. Mais il était sur le point de renoncer à tous ses plus anciens principes. Pour elle.

« De rien. » Répondit-il dans un souffle court, partagé entre le désir de lui prendre la main pour lui assurer sa présence, et la distance qu’il s’était juré de toujours mettre entre lui et autrui. Et puis, à la vue de ce sourire factice, de cette vive résolution (bien que de courte durée), il prit conscience qu’elle ne voulait pas passer pour une femme fragile, dépendante et cherchant le réconfort. Elle affichait, ou essayait, un regard déterminé et son sourire s’effaça bien vite. Elle cherchait à s’impressionner elle-même, plus que s’impressionner, elle voulait paraître forte, presque surhumaine. Elle était comme lui d’un sens. Elle se voulait au-dessus des sentiments qu’un humain devait ressentir par nature. Elle était dirigée, menée par la peur et l’instinct de vengeance. Par la tristesse. La rancœur.

« J’ai confiance. » Répéta t-il une nouvelle fois, tandis qu’elle se redressait, prête à le quitter, prête à vaquer à ses autres occupations, même s’il était persuadé que rien ne pouvait la préoccuper dernièrement. Rien à part ce pourquoi elle était venue le voir. Et, pour cette raison, il avait confiance. Elle ne serait peut-être pas la plus objective, ferait sûrement tout pour accéder aux informations concernant sa famille, ne respecterait sûrement pas les interdictions à ce propos, mais à la place, elle aurait l’envie, l’instinct, la nature, le courage. Elle avait ce qu’il avait. Et si Jens avait jugé Vaughn capable d’être recruté, alors Vaughn jugeait Rain capable. De la même manière. Parce qu’elle lui ressemblait. Voilà tout.

« Confiance. » Comme il le lui avait dit, il allait l’évaluer, lui faire passer quelques tests histoire de lui montrer, prouver, qu’elle valait les autres recrues, qu’elle était au même point qu’eux, et sûrement dans la même situation que pas mal d’autres. Parce qu’elle ne devait pas croire la vie de tueurs à gages facile, elle ne devait pas oublier les difficultés, les contraintes que cette vie impliquait. Elle ne devait pas oublier le principal danger les poursuivant tous, le dernier danger qu’elle connaitrait. : La mort.

A mesure qu’elle avançait au travers du Tric’n’Trac, Vaughn sentit son cœur reprendre un rythme normal et les craintes qui l’avaient assailli toute la conversation durant s’effacer peu à peu. Alors que les portes battantes claquaient encore derrière son passage, Vaughn ferma les yeux un très court instant, se repassant les récents événements en boucle, tentant de se souvenir de ce qu’il avait raconté à propos d’Evan, du mensonge par omission qu’il avait tissé. Sa main vint agripper machinalement le verre le plus proche, et le porta à ses lèvres en quelques secondes. D’un trait, le liquide coula au travers de sa gorge sous les cris et les regards mortels du propriétaire de ce dit-verre. Abaissant le regard vers ce dernier, Vaughn n’eut en aucun cas besoin de parler, les jurons cessant aussitôt. Laissant un billet sur le comptoir, il quitta le bar, une impression d’inachevé lui taraudant l’esprit.

Il aurait dû prendre un deuxième verre.

Il le prendrait chez lui.


FIN

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