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 Train this chaos, turn it into light [R.]

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Rain Lishka
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MessageSujet: Train this chaos, turn it into light [R.]   Ven 22 Mai - 14:04




BY IFAKE & MISTY_CREATES @ LIVEJOURNAL


Des jours, des semaines, des mois. Une année entière. Une longue année s’était écoulée depuis cette journée où sa vie toute entière avait basculée. Ses certitudes s’étaient trouvées bouleversées, ses repères ont volé en éclats. Son univers avait prit une toute autre direction, une fois encore. Mais cette fois, elle n’allait plus de l’avant. Elle n’avait plus la raison, ni l’envie de poursuivre tout ce qu’elle avait entreprit jusqu’alors. Cette situation, l’état dans lequel Rain ne trouvait actuellement n’était comparable à aucun autre. La première fois qu’elle a su que sa vie allait radicalement changer fut le jour de l’exécution de son père et d’Evan. Son désespoir avait été immense, sa douleur si intense qu’elle en gardait encore la cicatrice qui ne demandait qu’à se rouvrir. Mais jamais elle n’avait perdu espoir. Même lorsque tout semblait finit, lorsqu’elle ne savait même plus que faire, quelque chose au fond d’elle-même lui ordonnait de tenir bon. C’est-ce qu’ils auraient voulu qu’elle fasse. Alors elle avait reprit les choses en main. Et rejoint la Triade. Second moment crucial de ce qu’elle a vécu. Sa rencontre avec Vaughn, sa formation. Eux, tout simplement. Elle avait cru réussir à sortir la tête de l’eau, surmonter le traumatisme subit et accomplir ce qui lui tenait le plus à cœur : se venger. Elle avait cru que, grâce à lui, tout irait pour le mieux, du moins du mieux que la profession de tueur pouvait le permettre. Longtemps, elle crut dur comme fer à cette certitude, basant son univers sur lui. Uniquement lui. Grave erreur, puisqu’en le croyant mort, elle eut à revivre une nouvelle fois la douleur de perdre sa seule famille. Et lorsqu’il lui cacha délibérément des informations concernant la mort de son père, elle vécut cela comme une trahison. Littéralement.

Depuis ce jour où la confiance aveugle qu’elle lui portait disparut comme neige au soleil, Rain a apprit à vivre autrement. Sans lui. Pendant deux longues années, il avait tout été pour elle, et maintenant elle se débrouillant sans. Mais en vérité, elle ne vivait pas réellement. Elle avait changé depuis ce jour. Sa joie de vivre s’était changée en une nostalgie constante : elle n’était jamais vraiment là. Toujours ailleurs, même si physiquement elle était présente. De nombreuses pensées l’assaillaient constamment, agrémentées de doutes et de remords. Depuis une année, elle ne lui avait pas adressé la parole une seule fois. Pas un seul mot. Certes, plusieurs fois ils s’étaient croisés, inévitablement, mais le jeune femme s’était appliquée à regarder droit devant elle pour ne pas rencontrer son regard. Et c’était tout. De leur relation fusionnelle s’était ensuivit une ignorance savamment entretenue. Jamais elle ne pourra lui pardonner d’avoir agit de la sorte, d’avoir voulu choisir ce qui était bon pour elle, surtout au sujet de sa famille. Il n’avait pas eu le droit. En trahissant sa confiance aussi délibérément, elle avait comprit qu’elle avait eu tord de se reposer entièrement sur lui. Et refusait de commettre une seconde fois la même erreur.

Une telle rupture fut néanmoins brutale. Difficile. Trop difficile. Une année déjà, et pourtant elle n’en était toujours pas remise : ne plus le revoir en sachant qu’elle avait été à deux doigts d’atteindre son but étaient deux choses trop importantes à gérer pour quelqu’un comme elle. Quoi qu’elle puisse en dire, elle était trop jeune, trop fragile pour surmonter de pareilles situations. Et avait perdu l’envie de les surmonter. L’envie de prendre son destin en main. Elle accomplissait des contrats, se rendant à l’université, mais se sentait vide. Il lui manquait quelque chose, bien qu’elle refusait catégoriquement de l’admettre. Les épreuves, au lieu de la rendre plus forte, l’avaient vidé de son énergie, de sa joie de vivre, et elle n’était plus la même qu’un an plus tôt. Cachée derrière une carapace de résignation et de tristesse.

Ce jour là, comme de nombreux auparavant, Rain le passait dans la maison qu’elle louait dans le quartier de Nyhavn. Elle n’était pourtant pas seule malgré l’absence de la seule personne l’ayant jamais vraiment comprise. Plusieurs personnes auxquelles elle tenait égayaient chacune de ses journées, formant probablement la seule raison qu’elle avait de continuer. Il y avait Wagner, aussi étrange que cela puisse paraitre. Sans se faire d’illusions, elle savait qu’elle pouvait compter sur lui, malgré son étrange manière de lui faire comprendre qu’elle ne devrait pas se mettre dans un état pareil. Il y avait Cécilie. Et Randall, qui était là quoi qu’il arrive. Sans eux, elle n’aurait probablement pas tenu le coup. Avec eux, elle y arrivait tant bien que mal.

Depuis plusieurs heures, elle était installée sur son fauteuil favori, les jambes au dessus de l’accoudoir, concentrée sur son œuvre. Un crayon en main, elle noircissait une feuille avec application, donnant vie à d’étranges personnages entourés de motifs abstraits. Dessiner avec toujours été son échappatoire, reflétant son humeur et libérant ses émotions contradictoires. Depuis quelques temps, ses dessins étaient de plus en plus sombres, mais elle n’avait pas l’intention de les montrer à qui que ce soit. Certains écrivaient, elle dessinait. Reflétant son état, son identité. Tout en elle.

Elle venait d’apposer la touche finale à la chevelure de son personnage imaginaire quand on frappa à la porte. Relevant brusquement la tête, elle jeta un coup d’œil vers la porte : qui aurait pu venir à cette heure ci ? Tous les agents avaient une couverture à tenir, contrairement à la sienne, particulièrement souple. Méfiante, elle écarta la couverture dans laquelle elle s’était enroulée et avança lentement vers la porte, ses pieds nus n’émettant pas le moindre son sur le bois clair du sol. En se mordillant la lèvre inférieure, regrettant de ne pas avoir d’arme à proximité, elle ouvrit la porte.

Et s’immobilisa, comme figée sur place.

Lui. Il était là, sur le pas de sa porte alors qu’il était probablement la dernière personne qu’elle s’attendait à voir. Plusieurs fois, rapidement, elle cilla, puis se reprit. Adoptant une expression neutre, bien qu’elle soit incapable de tricher avec la lueur de son regard. Son premier réflexe fut de fermer la porte, ce qu’elle fit. D’un coup sec, elle claqua et Rain s’appuya contre elle, le front posé contre la surface dure. Elle ne savait pas comment réagir, que dire. Lui hurler de partir d’ici ? Mauvaise idée. Sourire ? Elle n’en était pas capable, elle lui en voulait encore beaucoup trop. Tout lui dire ? Hors de question. Pourtant, elle se persuada que sa présence était dictée par une bonne raison, et elle rouvrit la porte quand elle fut sûre que son expression ne la trahirait pas.

Sans dire un mot.

Une fraction de seconde, elle le regarda. S’appliquant à ne pas remarquer son visage, son regard, son allure même. S’efforçant de chasser tous les souvenirs qui l’assaillaient dès qu’il était aux alentours d’elle. Silencieuse, elle ouvrit la porte en grand, puis tourna les talons et retourna s’asseoir là où elle était un instant auparavant. Elle l’entendit la suivre, puis, enfin, leva les yeux vers lui. Attendant qu’il parle, car elle se refusait à engager la conversation. Elle s’était jurée de ne plus lui reparler, et n’avait pas l’intention de manquer à ce serment aussi facilement.

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Vaughn Llewelyn
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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Ven 22 Mai - 20:40

« Je n’y retournerai pas. Je n’irai pas. Point. »
« C’est ça où tu retournes là où on t’a trouvé Vaughn. »
« Tu veux dire dans un hôtel luxueux avec consommations gratuites ? »
« LLEWELYN. »

Sur ces brèves paroles, après un ou deux claquements de porte plutôt brutaux, Vaughn s’enfonça à travers les multiples étages du quartier général de la Triade, marmonnant des injures toutes plus belles les unes que les autres. Il venait de parler avec Lloyd qui tenait les ordres d’Aleksei, qui lui-même les tenait de plus haut et ainsi de suite. Depuis quelques mois maintenant, Vaughn se sentait piégé dans une chaîne alimentaire féroce, une chaîne dont il représentait le dernier maillon. Il détestait recevoir des ordres, encore plus quand ils étaient transportés d’agent en agent pour finalement lui parvenir à travers la bouche de Lloyd. Il avait beau adorer ce gars, recevoir des ordres de lui, c’était comme recevoir les ordres du petit Jésus : Fallait vraiment le voir pour le croire.

Se précipitant au travers de bureau pour la plupart vide, la grande majorité des agents étant sous-couverture ce jour-là, Vaughn ne s’attarda pas longtemps sur les systèmes de protection, oubliant intentionnellement de rentrer son code de sécurité ou de passer sa main sur les bordes prévues à cet effet. Il employait la manière forte pour sortir de ce building, une manière qui lui était propre, et que tout le monde lui connaissait. Lloyd, resté dans le bureau, avait pris soin de désactiver toutes les portes sur son passage, le connaissant pertinemment bien et étant habitué à ses scènes de furie indisposée. Et puis lorsqu’il avait pris connaissance du sujet d’aujourd’hui, il s’était doublement préparé. Parce qu’en plus d’être celui transmettant, à chaque fois, les ordres à Vaughn –soit disant, il savait le canaliser- il était aussi un de ses plus proches amis, masculins. Et ainsi, il savait ô combien ce sujet était difficile à aborder, et combien la tête de mule qu’était habituellement Vaughn quintuplait dans de tels moments. Mais il avait réussi, au bout de deux -très- longues heures. Il avait réussi à lui faire entendre raison. Et puis au fond, il avait su. Que c’était le bon moment. Pour Vaughn.


« C’est la dernière fois que je mets les pieds dans cette agence immobilière incapable de venir réparer ma robinetterie. JE VOUS POURSUIVRAI EN JUSTICE. » Hurla t-il, alors qu’il atterrissait dans la rue principale, tout en levant un regard assassin vers le dernier étage – qu’il ne percevait pas de là où il était mais quand même - . C’était sa manière à lui d’hurler après la Triade. Sous-couverture toujours.

Lentement, presque à reculon, il se dirigea vers son ancien quartier favori. Un quartier qui désormais ne lui inspirait que regrets, inquiétude et tristesse. Nyhavn. La torture camouflée sous un beau nom danois, sous une belle prononciation et derrière de belles devantures bleutées. La torture à l’état pur, brute, native, volcanique. C’était pire que tout, pire que la drogue, pire que l’héro, pire que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét’, ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Ca le détruisait seconde après seconde, à une vitesse paradoxalement fulgurante. C’était pire que de tomber d’un immeuble de vingt-cinq étage sans parachute, pire que de rester cinq heures dans un car rempli d’ouvrir bedonnants en sueurs et aux dents déchaussées, pire que de marcher sur des braises, pieds nus, jusqu’à Saint Jacques de Compostel, pire que de supporter la musique de Cindy Sanders et des What4 réunis, pire que la fin de saison de Supernatural, pire que se réveiller un lundi matin l’orage tonnant à l’extérieur et devoir marcher en-dessous. C’était pire que toutes les douleurs du monde réunies. Pire.

A mesure qu’il se dirigeait vers cette satané porte, son cœur se serrait, ses mains tremblotaient frêlement. C’était comme retourner chez soi après avoir reçu un appel de ses parents hurlant : Le proviseur vient d’appeler ! Tu as séché toute la semaine. C’était pareil. Et pire en même temps. Pendant un court instant, il devint vulnérable. Fragile. Pendant cinq secondes, il eut peur. Celles-ci écoulées, il reprenait son allure désinvolte, celle qu’il avait arboré face à elle durant toute cette année, et frappa à la porte.

Rain la lui ouvrit. Face à elle, son cœur se serra un peu plus. Ses mains se crispèrent sur le rapport qu’il tenait entre les mains. Et de plein fouet, la porte se referma sur lui. Il s’y attendait. A dire vrai, il aurait préféré un baiser passionné. C’était comme ça qu’il s’imaginait la scène, comme ça qu’il la rêvait depuis un an. Mais c’était bel et bien la réalité qu’il venait de recevoir comme une gifle. La triste vérité. Il avait voulu la protéger. De tout. Même d’elle-même.

Lorsqu’elle rouvrit la porte quelques minutes plus tard, Vaughn avait fait dans sa tête, le tour de toutes les paroles par lesquelles il pouvait commencer. Mais pas une ne réussissait à sortir à présent. Alors il la suivit dans le couloir, posant un regard circulaire autour de lui, cherchant le moindre signe, la moindre lueur d’espoir. Une photo, un cadeau qu’il lui avait fait. Mais tout avait disparu. Et c’était peut-être mieux ainsi. Lui aussi il lui en voulait d’un sens. Il lui en voulait pour le rendre si malheureux, si vulnérable. Pour lui avoir appris à aimer, appris à se préoccuper. Et finalement lui avoir tout jeter en pleine figure. Il s’en voulait surtout. De l’aimer plus que sa propre vie. Il préféré être loin mais la savoir en sécurité.


« Le Rapport » Lança t-il sèchement. C’était le seul ton qu’il pouvait utiliser. Le seul qu’il connaissait. Avec Vaughn, c’était tout blanc ou tout noir. Le plus adorable des agneaux, le plus drôle des bout en train, le plus froid des assassins. Et là, maintenant, devant elle, c’était le distant agent de la Triade qui parlait. Pas même le formateur attentif. Encore moins l’ex petit-ami espérant un jour redevenir ami. Tout en prononçant ces mots, il lança le dossier sur la table basse devant Rain. Son regard quant à lui ne la quittait pas des yeux. Parce que malgré tout, il faisait face, il était prêt à affronter son regard. C’était un tueur. Il avait vu pire. Du moins, il le pensait.

« Lloyd m’a dit de te le donner. Il a besoin que tu t’imprègnes de cette identité. Je crois que c’est quelque part en Amérique. » Toute l’indifférence du monde se retrouvait dans sa voix. Un formateur aurait pris le temps d’éplucher le dossier de fond en comble, pour connaître avant n’importe qui d’autre la mission. Mais pas Vaughn, pas maintenant. On avait dû demander à Lloyd, pour qu’il accepte enfin de lui porter son nouvel ordre. Elle aurait dû l’avoir un mois plus tôt. En même temps que les autres. Mais il avait refusé, et prétexter une mission bien plus importante de son côté.

« J’ai franchement pas regardé. Tu devais t’en sortir. » Il baissa les yeux vers le dossier, et sans vraiment s’y intéresser l’ouvrit à la première page où étaient renseignées informations principales, la mise en appétit comme il le disait toujours.

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Sam 23 Mai - 10:45

Pourquoi était t-il venu ? Par quels artifices destinés à lui porter préjudice s’était il retrouvé ici, sur le pas de sa porte. Qui, parmi les agents de la Triade, avait eu l’idée d’un goût douteux, ou peut être malsain, de les réunir ? Quelqu’un, là-haut, avait probablement décidé que les sautes d’humeur incessantes de Vaughn et le récent désintérêt total de Rain n’était pas assez, et avait prit la décision de remuer le couteau de la plaie, leur infligeant l’un à l’autre la présence qu’ils cherchaient par tous les moyens à éviter. Ou peut être était-ce simplement lui, qui, sous l’impulsion de Dieu seul sait quelle idée farfelue, était venu. Mais cela, elle en doutait. Elle avait été suffisamment claire de ce côté-là, et s’il tenait à sa dentition, mieux valait pour qu’il respecte ce qu’elle lui avait hurlé lorsqu’elle avait tout découvert. Mais le fait est qu’il était ici, au sein de sa maison. Chez elle. Son dernier îlot de sécurité face au monde extérieur où ils avaient partagés tant de moments qu’elle avait mit un point d’honneur à oublier. Sans succès. Se débarrasser des évidences matérielles avait été chose facile. Des souvenirs beaucoup moins, malgré la colère qu’elle ressentait à son encontre. Car elle lui en voulait encore. Terriblement. Qu’il soit à quelques mètres d’elle, plus proche qu’il ne l’avait jamais été depuis des mois ne changeait strictement rien au problème. Il l’avait trahit, elle ne voulait plus avoir affaire à lui. Point final. Une seconde chance ? Ce n’était même pas la peine d’y penser. Et c’était probablement le seul moyen qu’elle avait trouvé pour faire taire la multitude d’émotions que sa présence déclenchait chez elle.

Elle reste néanmoins de marbre face à lui. Parfaitement immobile, les bras croisés contre sa poitrine en une position inconsciente de défense. Il l’avait tant fait souffrir qu’elle devait tout faire pour que jamais cela ne se reproduise. En d’autres termes, lui faire comprendre qu’il n’était pas le bienvenu ici. Ni dans son cœur. Surtout pas dans son cœur. Et le seul moyen pour arriver à cela était d’éviter le moindre contact avec lui. Elle savait que, le cas échéant, il lui faudrait des mois avant de retrouver un semblant de calme. Heureusement pour elle, il semblait être parvenu aux même conclusion, si elle jugeait la façon dont il la regardait à chaque fois qu’ils se croisaient. Comme si elle n’était pas là. Une étrangère. Ils ne se connaissaient plus, et c’était mieux ainsi. Le temps se chargerait du reste.

Pourtant, lorsqu’elle le fixait droit dans les yeux à son habitude, elle ne le reconnaissait pas. Ce n’était pas le Vaughn qu’elle connaissait. C’était quelqu’un d’autre qui lui ressemblait, mais pas lui. Celui qu’elle avait connu n’était pas celui qui lui faisait actuellement face. Ce n’était pas ce tueur froid et distant qui n’avait aucune expression dans le regard. Celui qui lui faisait n’était qu’un agent parmi d’autres, et elle n’avait pas l’intention de changer quoi que ce soit à cela. Jamais celui qu’elle aimait ne lui aurait parlé ainsi. Il ne l’aurait pas regardé ainsi. Si durement. Et dans un sens, elle réalisait qu’elle avait peut être eu tord de le croire différent. Peut être qu’au fond, il était bel et bien cet agent qui venait de lancer un rapport sans même se donner la peine de lui tendre. Ses yeux passèrent du rapport qui était tombé avec un bruit sourd au regard de Vaughn. Elle ne comprenait même pas pourquoi il agissait aussi. Il aurait très bien pu mettre ce fichu rapport dans la boite aux lettres et lui épargner sa mauvaise humeur. C’était lui qui avait eu tord, pas elle.


« Bonjour quand même. »

S’il voulait se prendre à ce jeu là, il allait être servit. Et s’il s’attendait à ce qu’elle le regarde gentiment alors qu’il était désagréable au possible, la surprise serait de taille. Il avait décidé de plus se préoccuper d’elle, très bien. Elle avait eu tord de lui accorder une si grande importance, mais ce n’était pas une raison pour s’adresser à elle de la sorte. Et elle était très douée pour se comporter comme une petite peste, aussi bien que lui. Particulièrement quand elle jugeait qu’elle ne méritait pas un tel traitement. Ses yeux se plissèrent légèrement alors qu’elle se relevait, prenant le dossier entre ses mains sans daigner le regarder.

« Lloyd t’a dit ? Parce que maintenant tu lui obéis ? » Elle savait être aussi désagréable qu’elle était adorable. Autrement dit, il n’y avait aucune limite à cela. Mais après l’avoir tant aimé, le voir ainsi lui faisait terriblement mal. Elle aurait préféré qu’il l’ignore plutôt que ça. Faire comme si elle n’existait plus, ne représentait plus rien. Si elle avait représenté autre chose qu’une réplique de son père et de son frère.

« Bien sûr, en Amérique … Il n’avait qu’à me le demander lui-même, je ne vois pas pourquoi tu lui sers de messager. »

En vérité, elle ne comprenait pas. Lloyd aurait très bien pu lui donner ce fichu rapport au lieu d’envoyer Vaughn. Maintenant, elle ne souhaitait plus que son départ, qu’il cesse enfin de lui infliger cette dureté. Laissant de nouveau tomber le dossier, et retourna s’asseoir, le fusillant du regard. Elle resta bouche bée quand il reprit. Elle avait vraiment raison. Il n’en avait plus rien à faire de ce qu’elle pouvait bien devenir. Il avait reprit le cours de sa vie telle qu’elle l’était avant son arrivée, et elle avait cru naïvement que ce qu’ils avaient vécu était réel. Il s’en fichait probablement.

« Bien sûr, pourquoi je ne m’en sortirait pas, ce n’est pas comme si je ne faisait partit de l’agence que depuis trois ans et que je n’étais jamais allé dans ce fichu pays. » Elle lui prit le dossier des mains sans s’occuper du regard qu’il lui portait, chercha rapidement la description de la cible et lui montra avec un début d’énervement. « Tu vois ce qui est écrit ? TRAFIQUANT D’ARMES ! Alors oui, si j’ai de la chance je m’en sortirai, si personne ne me voit et si les dizaines de gardes de ce type sont des handicapés mentaux tout droit sortis de l’armée. »

Elle s’était relevé, et avait contourné la table pour lui faire face. La seule chose dont elle avait envie en ce moment précis était de lui hurler tout ce qu’elle ressentait à son égard. Ou le gifler pour qu’il adopte une autre expression que cette indifférence qui lui donnait des frissons. Elle voulait qu’il réagisse, qu’il dise autre chose. N’importe quoi, mais pas ça. Pourtant, elle n’en fit rien. Se contentant de le fixer avec amertume. Redevenue parfaitement calme.

« Je pense que tu as terminé maintenant. » Ses yeux n’exprimaient maintenant plus rien, même si Rain sentait maintenant une vague de tristesse l’envahir. Voilà où ils en étaient rendus.

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Sam 23 Mai - 14:40

Comme de petits grains de sable collant désagréablement à votre peau, les mots de Rain s’entassaient dans l’esprit de Vaughn, une par une. Il avait beau se démener pour essayer les retirer, de les oublier, celles-ci résonnaient en lui comme de cruels reproches, des durs avertissements. L’annonce d’une colère ineffable, d’une rancœur amère et vindicative. Elle lui en voulait. Il s’en voulait aussi. Toutes ces paroles emplies de haine, ces regards assassins, cette froideur imperturbable, cette hostilité blessante. Tout n’était qu’une façade, une manière pour lui de la protéger et de se protéger, implicitement. Il préférait agir de la sorte, se faire détester et perdre tout espoir de bonheur plutôt de mettre la vie de Rain en danger. Il avait agit par amour, et recommencerait s’il le fallait. Il l’aimait trop pour agir autrement. C’était elle envers et contre tout. Même contre elle-même. C’était elle avant tout. Même avant lui.

La suivant du regard, il opta pour un soupir profond lorsqu’elle le salua de la manière la plus amère qui soit. Ce n’était même pas le saluer. Mais plutôt lui faire remarquer qu’il ne l’avait pas fait. Qu’il était entré comme une furie silencieuse, qu’il avait dégainé son dossier telle une arme et qu’il avait tiré sans prévenir.


« On se dit pas bonjour pendant un an, on ne s’adresse même pas la parole, et tout à coup les formalités reviennent à la mode ? » Ironisa t-il, soutenant son regard avec impudence. Son attitude n’avait rien à voir avec celle qu’il arborait un an auparavant. Il était loin de l’homme amoureux, romantique, attentionné et attentif, prévenant et proche, doux et bavard, jaloux et protecteur. C’était l’extrême opposé. « Tout comme la Ruby de la saison 3 de Supernatural pouvait être aux antipodes de celle de la saison 4. » Il était silencieux, distant et blessant, indifférent et nonchalant, antipathique. Il n’était plus Vaughn. Plutôt un clone mal-cloné, défaillant. Il manquait une pièce. Un cœur.

« Faut croire que j’ai changé. » Lança t-il d’une manière détachée. Il n’avait pourtant pas changé d’un pouce. Mais il préférait répondre ainsi. Et puis c’était un peu le sujet tabou, Vaughn ne respectait jamais les ordres, il n’en faisait qu’à sa tête (et n’était pas le seul, ni le pire) , et s’il s’était fait un nom, c’était en partie grâce/à cause de cela. Parce qu’il avait lancé un ultimatum à propos de Rain trois ans auparavant, sans se soucier des conséquences sur sa carrière en générale, parce qu’il avait mis son véto sur une mission lui étant destinée un an auparavant, sans se soucier des conséquences sur sa vie et son bonheur. Elle était souvent la raison de sa désobéissance. Et devoir rester loin d’elle, n’avait rien arrangé. Au contraire.

« Parce que je suis ton foutu formateur Rain. » Cria t-il, cette fois-ci impliqué, ses bras s’agitant vers le ciel, dans un excès d’inattention. C’était la première fois depuis un an qu’il prononçait son nom, qu’il se libérait de tout le poids qu’il portait sur les épaules. Etre son formateur, la plus belle et la plus mauvaise chose qui lui soit arrivé. C’était la première fois depuis tout ce temps qu’il montrait un peu de sentiments, vrais et sincères, première fois qu’il réagissait et ne se laissait pas aller, qu’il abandonnait cette attitude détachée pour s’impliquer. Et crier. « Et que ça sera toujours moi le lien entre eux et toi. TOUJOURS MOI. » Ses yeux et ses sourcils se plissèrent, il posa une main sur son front essayant vainement de se calmer, de ralentir sa vitesse sanguine par secondes (selon ses propres mots).

« ET OUI J’AI VU. OUI J’AI REGARDE CE FOUTU DOSSIER. ET OUI TU VAS T’EN SORTIR. PARCE QUE JE T’AI APPRIS A LE FAIRE. » Tout en insistant dans un excès de voix sur la plupart des mots qu’il prononçait, il la fixa durant un long mot, à seulement quelques centimètres l’un de l’autre. C’était ce moment dans les films qui représentait le point culminant d’une dispute. Le moment où un couple se faisait face, les regards haineux et déçus, passionnés et exaspérés. Ce moment où leur regard, leurs lèvres s’enflammaient pour se sceller l’une contre l’autre avec une violence vivacité. C’était ainsi dans les films. Mais c’était bel et bien la réalité. Et la réalité était tout autre. La passion, la simple déception étaient effacés par des sentiments bien plus forts et vindicatifs.

« Et je suis pas un SI mauvais formateur. » Ses poings se desserrèrent mais il voyait le regard dur et rempli de rancœur lui faisant face. Il connaissait cette expression. Elle lui en voulait bien plus qu’il ne le croyait. Et ce calme plat ne faisait que renforçait son idée. « Bien » Sur ces derniers mots, il attrapa un billet d’avion et le glissa vivement entre leurs deux visages. « Billet d'avion, date à choisir. » Sur ce, il attendit trois très courtes secondes, la laissa prendre le billet et fit demi tour. Car comme dans toute réalité, les faces-à-faces tournaient courts. Les sentiments s'enfouissaient au fin fond des cœurs et des âmes, et l'un des deux faisait demi-tour. Il faisait demi-tour.

Il se dirigea vers la porte de manière précipitée, les pas lourds et le visage dur et lorsqu’il attrapa la clenche de sa main droite, il resta quelques secondes immobile. Fixant droit devant lui. Et dans un excès de ténacité, il se retourna telle la plus incontrôlable des tornades. Mais sans avancer.

« C’EST MON FOUTU JOB RAIN DE TE PROTEGER. » Ca l’était, ca l’est et le serait toujours.

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Sam 23 Mai - 16:30

Qu’elle avait eu tord. Oh, qu’elle avait eu tord de le placer sur un piédestal, de l’aimer jusqu’à s’en rendre malade et souffrir le martyr lorsqu’il était loin. Elle avait eu tord de le laisser prendre possession de son cœur, de sa vie, d’elle toute entière et de lui offrir tout ce qu’elle avait sans la moindre hésitation. Elle avait eu tord de se faire du mal pour lui puisque apparemment, elle n’en valait pas la peine. Leur relation s’était probablement fondée sur un quiproquo, elle avait aveuglé par ce qu’elle croyait retrouvé en lui. Il avait cru qu’il serait là pour elle quoi qu’il arrive, qu’elle retrouverait grâce à lui la sécurité et le bonheur. Elle y avait vraiment cru, et avait été à deux doigts d’y parvenir. Mais il y avait donc eu deux poids, deux mesures. Il n’était rien de plus qu’un formateur, et elle une recrue parmi tant d’autres. Elle avait cru être spéciale, et dans un sens elle l’était. Elle était maintenant la seule qui n’adressait plus la parole à son formateur qu’à renfort de paroles acerbes et blessantes. Elle était spéciale oui, puisque que lorsqu’il lui parlait, c’était avec violence et haine. Et si elle pensait le connaitre, elle s’était lourdement trompée. Jamais celui qu’elle aimait ne l’aurait traité de la sorte. Elle avait eu tord. Tord de l’aimer, tord de se fier aveuglément à lui.

«  Oui elles reviennent, parce qu’au cas où tu ne t’en serais pas rendu compte, tu es chez moi. Et pas dans un couloir quelconque du QG. »

Elle ne pouvait s’empêcher de répondre. Non pas pour se justifier, ni même rétablir un malentendu. Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait obligée de lui répondre, surtout quand sa voix était chargée d’ironie blessante. Il la blessait. Beaucoup plus en s’adressant à elle comme elle l’avait vu faire avec tout ceux pour lesquels il n’avait pas d’estime. Probablement entrait-elle maintenant dans cette catégorie.

« Tu as changé. » Plus pour elle-même que pour lui. La question était maintenant de savoir si c’était réellement un changement, où si elle ne c’était pas rendu compte qu’il avait toujours été ainsi. Et si c’était le cas, alors elle se haïssait d’avoir été aveugle à ce point. En agissant ainsi, il ne faisait que gâcher tous les souvenirs qu’elle avait de lui. Elle n’y voyait plus maintenant plus aucune sincérité, plus aucune réalité. Jamais elle ne l’aurait cru capable de faire cela. De lui faire ça. Lui. A elle.

Rain se mordit violemment la lèvre lorsqu’il se mit à crier. Un peu plus, et les larmes lui serait monté aux yeux. Elle l’avait souvent vu dans cet état, parfois à cause d’elle, de ses faiblesses, mais jamais contre elle. Directement contre elle. Et il lui faisait presque peur. Ce n’était pas Vaughn. Dieu seul savait quel mouche l’avait piqué, mais ce n’était pas lui. Et elle n’attendait qu’une seule chose, qu’il parte. Ce n’était pas celui qui lui manquait atrocement, mais celui qu’il était devenu. Celui qu’elle aimait n’était plus là, elle s’en rendait maintenant compte. Elle ne le reverrait plus, c’était un fait. Mais quelque soit le prix, elle voulait qu’il arrête maintenant. Pour garder au moins les meilleurs souvenirs qu’il était en train de piétiner allégrement. Comme il piétinait son cœur.


« ET OUI TU AS LE DROIT DE RESTER POLI ! » . Elle avait fait de son mieux pour ne rien répondre, le laisser déverser toute la colère dont il était chargé, mais elle n’avait pas pu s’empêcher de le reprendre. Elle avait beau être si furieuse contre lui en ce moment précis que ses mains tremblaient, elle ne pouvait pas combattre le naturel. S’il avait changé, sa façon de parler était restée la même. Et si elle l’avait amusé, maintenant tout ce qui venait de lui l’irritait, la blessait. Un instant, elle soutint son regard, y lisant la même colère que celle qu’elle ressentait en ce moment. Elle aurait tant donner pour le gifler, le faire reprendre ses esprits. Mais elle ne le ferait pas. Alors elle cilla. Plusieurs fois. Détacha son regard du sien, recula de quelques pas, toujours dénuée d’émotions. Elle ne voulait pas se disputer avec lui maintenant, cela ne servait plus à rien. Jamais ils ne tomberaient d’accord, et l’issue ne serait que des paroles qui les feraient souffrir. La ferait souffrir, puisqu’il ne semblait pas ressentir autre chose que de la colère. Peut être parce qu’elle avait osé lui tenir tête. « Tu n’as pas à te justifier. C’était ton travail. »

Son travail. C’était le mot. Elle avait été l’objet de son travail, la raison des sommes versées par la Triade. Maintenant qu’elle l’avait comprit, elle pourrait aller de l’avant et ne plus lui accorder d’attention démesurée. Plus du tout. Son regard passa des billets d’avion à lui, et elle lui prit violemment des mains avant d’aller les ranger un peu plus loin. Lorsqu’elle se retourna, il avait fait demi-tour. Enfin. Il s’en allait, après avoir s’être surpassé. Elle avait cru que sa seule présence aurait pu suffrir à la faire aller mieux. Elle avait eu tord. C’était pire. Se mordant la lèvre avec violence, elle le regarda s’en aller, percevant sa colère mal placée à chacun de ses pas. Pourquoi était-il venu si ce n’était pour lui faire comprendre à quel point il était encore capable de lui faire du mal ? Comme si une fois ne suffisait pas. Elle ferma les yeux, et les rouvrit rapidement en n’entendant pas le bruit de la porte.

« ME PROTEGER ? »

Ses yeux s’ouvrirent en grand, et elle se précipita à sa suite dans le couloir. Il n’avait pas le droit. Ce n’était pas juste. Planté devant lui, à quelques centimètres, elle leva la tête vers lui. Cette fois, elle aussi était prise d’une colère furieuse : c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase, l’argument qu’il n’avait pas le droit d’invoquer. « ME PROTEGER ? » Le répéter ne faisait que rendre la chose encore plus absurde. Toutes sortes d’expression passèrent sur son visage avant qu’elle ne reprenne, le doigt pointé vers lui : « Je suis assez grande pour prendre soin de moi-même toute seule, et ce n’est pas ton « job » comme tu dis, ni celui de qui que ce soit. » Elle s’arrêta, le fusilla du regard. Elle aurait du arrêter, le faire sortir et laissé les choses ainsi sans les envenimer. Mais c’était plus fort qu’elle. Malgré elle, son doigt martelant le rythme de sa tirade par coups répétés contre la poitrine de celui qui fut son formateur. Mais qui n'était plus rien maintenant. : « Ce que tu fais là, ce n’est pas me protéger, c’est même tout le contraire. Ce que tu appelles ton job, ce n’est pas ça, et tu le sais très bien. » Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, et battit des paupières pour les chasser. Elle n’aurait pas pu dire si c’était des larmes de colère ou de tristesse. « Et ce que tu as fait avant, ce n’était pas me protéger non plus, même si tu veux t’en convaincre. Ce n’était pas moi que tu protégeais, c’était l’idée que tu te faisais de moi. Je n’ai pas besoin de protection. Pas de la tienne. »

Enfin, elle s’arrêta. S’immobilisa. Le fixa un court instant, réalisant ce qu’elle venait de dire, puis tourna rapidement les talons pour retourner dans le salon. Presque en courant, elle s’éloigna de lui, de sa présence qui ne faisait qu’empirer les choses. Il fallait qu’il parte, maintenant. Elle lui avait dit ce qu’elle avait à dire, le sujet était clos.

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Dim 24 Mai - 17:21

Durant un très court laps de temps, le temps nécessaire à Vaughn pour rejoindre la porte d’entrée, un silence des plus pesants régna dans la pièce. Rain, immobile au milieu du salon le regardant s’éloigner et pestant intérieurement contre l’homme qu’il était devenu, l’homme qui s’était montré pendant cette courte confrontation. Vaughn, marchant jusqu’à la porte, le regard figé sur la porte de bois qui se dressait devant lui. Une dizaine de sentiments se mêlaient en eux à ce moment précis, mais aucun n’osait se concrétiser en mots. Durant ce très court laps de temps, Vaughn pensa franchir le seuil de la porte, sans se retourner. Sans jamais le faire. Une détermination factice se lisait dans ses yeux. Il essayait de se résonner, de se forcer à le faire. Après tout, il n’avait plus rien à rajouter. Il avait déjà tout dit, tout fait. Et puis, il l’avait seulement protégée. Et elle ne l’avait toujours pas compris. Ni son raisonnement, ni lui. Elle ne le comprenait plus.

« OUI TE PROTEGER »
Rétorqua t’il alors qu’elle le remettait clairement en doute et s’élançait vers lui dans un mouvement imprévu.

La situation passée recommençait, l’affrontement prenait une nouvelle tournure. Il n’y avait plus de silence pesant, plus de sentiments inexprimés. La colère avait pris le pas sur tout le reste. Elle lui faisait face, comme jamais elle n’avait osé le faire. A mesure qu’elle lui martelait la poitrine de coups, Vaughn sentit toute la rancœur qu’elle avait accumulée se déverser en lui. Dans son corps et son cœur.
« Non tu ne l’es pas Rain ! Tu t’en rends seulement pas compte ! » La coupa t-il alors qu’elle prétextait d’être assez grande pour le faire elle-même. « Tu es jeune et passionnée et tu mettrais ta vie en danger sans t’en rendre compte juste pour aller faire parler un gars qui ne ferait qu’une bouchée de toi ! » Son regard soutenait le sien, et les coups répétés qu’elle donnait contre sa poitrine ne lui faisait plus aucun effet. Il passait au-dessus. Et s’exprimait lui-aussi.

« Rain réveille-toi ! On le sait tout aussi bien l’un que l’autre qu’un formateur doit protéger sa recrue. Mais on sait encore mieux que je ne suis pas QUE ton formateur. Tu le sais tout aussi bien que moi et tu peux dire que j’ai changé et que tu m’en veux et que j’ai dépassé mes droits en agissant ainsi mais ne dis pas que je ne te protégeais pas en faisant CA. » Finit-il en la pointant du doigt. Dans son regard brillaient colère et déception, amertume et dépit, angoisse et chagrin. Parce qu’elle ne comprenait toujours pas son acte, et en remettait en cause la raison.

Elle s’était arrêté, s’était retournée pour mieux s’éloigner de lui. Vaughn la regarda le distancer jusqu’au salon mais ne bougea pas. Il resta immobile, attendant qu’elle lui répondre quelque chose, les traits de son visage eux-aussi figé de ressentiment.


« Tu crois que les contrats que te donnes la Triade sont à ton niveau ? Tu crois qu’ils prêtent attention à ce qu’il te donne ? Ils auraient très bien pu me le filer à moi ou à Helena ou n'importe quel autre foutu agent de cette foutue agence. N’importe qui aurait pu l’avoir ce foutu contrat. Il ne t'était pas destiné, même si tu t'entêtes à croire que tu devais le faire. Parce qu'il impliquait Evan. » Evan, il savait qu'elle détestait le voir prononcer son nom lorsqu'il était énervé, parce qu'elle était persuadée, depuis leur première rencontre, que Vaughn n'avait connu Evan que de loin. Elle ne savait pas. Elle ne savait quasiment rien de sa vie. Et lui savait presque tout. Il avait toujours ressenti le besoin avide de connaître les moindres détails pour mieux la protéger. Mieux l'entrainer. C'était injuste d'un côté.

Devant son manque de réaction et parce qu’il ne supportait pas de se voir tourner le dos lorsqu’il parlait, Vaughn s’empressa de la rejoindre.
« Parce que c’est bien de ça qu’on parle n’est-ce pas ? » L’interrogea t-il tout en se plaçant derrière elle, et l’obligeant à lui faire face. « Rain ! » Mais elle ne répondait pas. Elle voulait le voir partir. Elle choisissait la simplicité. Mais lui non, il était trop tard pour faire demi-tour. Ils avaient commencé, ils devaient finir. Il n’y avait plus rien à perdre désormais, la rage qu’elle ressentait à son égard dépassant de loin tout ce qu’il avait pu imaginer.

Reculant de quelques pas, tournant en rond dans la pièce comme un animal en cage, il chercha la réponse à son attitude, chercha les mots à prononcer. Il n’était pas bon dans ce genre de situation. Angela lui avait répété des centaines de fois. Il devait extérioriser plus ses sentiments. Ce n’était pas une faiblesse, ni une marque de vulnérabilité comme il s’entêtait à le croire, c’était le moyen le plus simple pour guérir des blessures.


« Tu veux entendre Rain bon sang ! Tu veux que je te dises que oui mon job de formateur, je l’ai fichtrement dépassé depuis des années. Que quand je reçois des dossiers dans la main, lorsque je vois ton nom en haut d’une mission, je m’empresse de le lire de A à Z pour en prévoir toutes les sorties. Que quand tu pars en mission, j’aimerai être là pour te protéger, et même y être à ta place ! C’est ça que tu veux. » Il baissa soudainement les yeux vers le sol, découragé.

« J’aimerai tellement ne pas avoir ce besoin insatiable de te protéger à chaque instant. » Il s’éloigna un peu plus vers la fenêtre, et observa longuement l’extérieur. « Crois-moi tout serait plus simple. Bien plus simple. »

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Dim 24 Mai - 20:38

Tels des milliers de lames acérées, les mots de Vaughn la blessaient comme s’ils avaient été des flèches tirées droit sur elle. La vérité crue, énoncé avec une colère exacerbée par tout ce qu’elle lui avait jeté auparavant au visage l’atteignait comme jamais. Que lui, lui parmi d’autres, la contredise aussi abruptement, avec tant d’amertume et de froideur, elle ne n’aurait jamais osé l’imaginer. Mais ce n’était plus tant le ton lui la heurtait. C’était les mots même qu’il venait de lui dire. De lui lancer sans prévenir. Des mots auxquels elle n’avait pas daigné de répondre. Elle n’avait pas à se justifier, pas devant lui. Elle n’avait pas s’excuser d’être jeune et de mettre du cœur dans ce qu’elle entreprenait, quelqu’en soit le sujet. Elle n’avait pas à légitimer son caractère, ses convictions devant lui. Autrefois, il la comprenait. Maintenant, il retournait cela contre elle. Et quoi qu’il puisse bien dire, elle était majeure et capable de se prendre en charge. Ce qu’elle faisait de sa vie ne le concernait plus, c’était ses affaires et pas les siennes. Comme si lui ne la risquait pas tous les jours. Comme si lui n’avait pas disparu de la circulation en se faisant passer pour mort. Il avait risqué sa vie, l’avait presque perdue et n’était donc pas en position de lui donner des leçons, formateur ou non. Violemment, Rain se mordit la lèvre en pensant à cet épisode. Réalisant avec horreur que la douleur de l’avoir perdu était presque plus supportable que celle de le savoir à la proche mais inaccessible. Lorsqu’elle l’avait cru mort, c’était celui qu’elle avait aimé qui n’était plus là. Maintenant, elle se rendait compte que celui qu’elle avait aimé avait disparut pour laisser place à un individu qui semblait déterminé à tout faire pour la blesser.

Mais il n’avait pas finit. Il s’acharnait, lancé dans une tirade appuyant ses paroles. Il semblait ne pas vouloir s’en aller, passer cette porte et la laisser en paix. Il mettait à un point d’honneur à expliquer un acte qu’elle ne pouvait pas accepter. Ses points se serrèrent alors qu’elle n’esquissait pas le moindre mouvement. Elle lui tournait toujours le dos, sentant son regard sur elle. Tout en elle lui hurlait de se retourner, de lui donner ne serait-ce qu’un aperçu de ce qu’elle avait ressentit quand elle avait comprit qu’il l’avait empêcher de retrouver le tueur de sa famille. Elle voulait qu’il sache qu’au lieu de la protéger, il lui avait ôté le seul espoir qu’elle avait d’enfin venger son père. Peut être que physiquement il lui avait épargner des blessures, peut être même la vie oui. Mais psychologiquement, c’était autre chose. En la privant du contrat qui représentait l’aboutissement de ce qu’elle recherchait, il l’avait blessé. Comme si elle était indigne de confiance, incapable de surmonter l’épreuve que cela impliquait. Il lui avait ôté la seconde raison qu’elle avait de vivre, et à cause de ça elle avait renoncé à la première. Lui.


« NE TE SERT PAS D’EVAN COMME D’UN ARGUMENT ! » Il pouvait lui dire qu’elle était jeune, inexpérimentée, malhabile, tête brûlée, passionnée et impulsive, mais il n’avait pas le droit de parler de son frère. Il ne l’avait pas connu, ne savait pas à quel point elle l’avait aimé. Ce qu’il représentait pour elle. Elle n’en avait que faire s’il la considérait comme moins douée que les autres agents, c’était d’ailleurs la stricte vérité. Oui, elle accomplissait des contrats réservés aux agents d’un plus haut niveau. Oui, elle savait qu’elle risquait à sa chaque sa vie, et qu’il s’en fallait d’un cheveu pour qu’elle n’y reste. Mais elle en avait conscience, aussi ses mots ne l’atteignait pas. Mais invoquer Evan. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.

Aussi rapidement qu’il l’avait fait, elle se retourna. La gorge serrée, comme toujours lorsqu’elle mentionnait son frère, peu importe les circonstances : 
« Peut être qu’il ne m’était pas destiné, et alors ? Il s’agit de ma famille Vaughn, ma famille qui a été exécutée ! Alors oui, c’est bien de cela qu’il s’agit, et si tu parles encore une fois de lui comme ça, je t’assure que je n’hésiterai pas à te gifler. » Son frère était le point sensible de Rain. Le sujet qu’elle refusait d’évoquer, celui qui avait toutes les chances de lui faire perdre son calme. En toute autre circonstance, jamais elle n’aurait osé faire une chose pareil, mais il avait parlé d’Evan. Elle le fixa, les yeux brillant de larmes de colère et de tristesse, la gorge serrés. Les pensées s’entrechoquaient en elle, mais elle n’avait même plus la force de hurler. Penser à son frère la mettait toujours dans cet état. Et qu’il en parle ainsi, sous le coup de la colère, la révoltait. Littéralement. Battant une nouvelle fois des paupières pour chasser les larmes qui lui montaient aux yeux, elle continua. Cette fois, la colère semblait s’être évaporée. Remplacé cette fois par de tristesse. Tout simplement. Penser à Evan, voir Vaughn ainsi, se disputer avec une rare violence avec lui la rendait tout simplement triste.

« Tu ne l’as pas connu Vaughn, tu l’as dit toi-même. Alors s’il te plait, je t’en prit, ne crois que c’était me protéger en privant de savoir pourquoi on l’a tué ou qui a fait ça. » Elle lui en voulait à cet instant précis. Oh, elle lui en voulait tant. Mais cela s’exprimait différemment. Elle était déçu maintenant. Déçue qu’il ne comprenne pas, qu’il s’entête et qu’il se mette dans un tel état alors que pour elle, tout était terminé. Leur confrontation n’avait fait que conforter cette idée. Elle n’avait plus rien à faire avec lui, il fallait qu’elle s’en convainc. Et tant pis si cela lui faisait encore plus mal, tant pis si elle allait se comporter dans une droguée en manque les trois prochains moins. Tant pis si elle renonçait pour la seconde fois à lui, mais cette fois sans le moindre espoir d’une amélioration. C’était un jeu, et ils avaient tous les deux perdu.

Silencieuse, elle le regardait parcourir la pièce de long en large, plus énervé qu’elle ne l’avait jamais vu. Elle savait qu’elle était à la fois la cause et la cible de sa colère, mais il n’y avait plus rien maintenant qu’elle puisse faire pour empêcher cela. C’était trop tard, ils s’étaient lancé tant de choses à la figure, sans la moindre volonté de l’un ou de l’autre de réparer cela. Les bras croisés, elle avança de quelques pas au fur et à mesure qu’il continuait de parler, parler, parler et encore parler. Débiter les mots comme des rafales de 9 mm dont elle était la cible, une fois encore.


« Non, je ne veux rien de tout ça, tu le sais très bien. Et si c’est le cas, alors d’accord, mais dis le moi clairement et pas de cette façon. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. » Malgré elle, ne pouvait s’empêcher de penser à ce qu’il venait de dire. De se demander si oui ou non c’était la vérité. Si effectivement, il pensait parfois à elle. Parfois. Ce n’était qu’une façon de remuer le couteau dans la plaie, elle en avait conscience, mais elle n’avait plus le courage de lutter.

Sa bouche s’entrouvrit de stupeur quand il reprit. Une nouvelle fois, les larmes lui montèrent au yeux, expression d’un trop plein d’émotions une à une refoulées. Il ne pouvait pas agir comme ça, il n’avait pas le droit de jouer avec elle de cette façon. Il ne pouvait pas lui hurler dessus comme le dernier des enragés pour ensuite lui dire une chose pareille. Il ne pouvait pas.
« Vaughn … »

Pas de réponse. Rain sentait sa gorge de serrer, mais elle ne changea pas d’avis. Traversa la pièce pour le rejoindre et scruter à son tour les alentours. Le quartier si simple, si calme. Si éloigné de leur monde. Leur monde. « Je ne savais pas. Et crois moi, les choses les plus simples ne sont jamais celles auxquels on a droit. » Mais elle ne le regardait toujours pas. Tentait d’assimiler l’information, mais surtout de comprendre ce qui pouvait lui passer par la tête. Pourquoi se comporter comme un être dépourvu d’émotions autres que la rage pour ensuite lui dire cela ? Songeuse, elle leva plusieurs fois les yeux vers lui, pour finalement revenir s’asseoir. Elle n’arrive plus à encaisser les chocs les uns après les autres.

« Dis moi... » Rain attendit qu’il la regarde, puis continua. Les yeux brillants, malgré les efforts qu’elle déployait pour essuyer les larmes. Trop passionnée, il l’avait dit. « C’est vrai ce que tu as dit avant ? Que tu as dépassé ton job et tout le reste ? » Une fois encore, elle se mordilla la lèvre, enserrant ses bras autour des genoux. Il fallait qu’elle sache. Il lui devait au moins cela, après tout ce qu’il venait de lui faire subir. Elle avait besoin de connaitre la vérité. Sa vérité.

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Dim 24 Mai - 22:54



Il y a des choses que l’on dit et d’autres qu’on ne dit pas. Par exemple, on énumère les qualités d’un ami mais on évite de souligner ses défauts. On assure à sa petite-amie que ses parents l’adorent mais on ne souligne pas que cette robe lui donne dix ans de plus. On devient un tueur à gage, on forme quelqu’un, on apprend tout de sa vie, on lui raconte de juteux petits secrets, des anecdotes rocambolesques et pas très glorieuses. Mais on ne parle pas de sa propre vie, de son passé, de ses blessures. Lorsque l’amour entre en ligne de compte, on partage des souvenirs bouleversants, on se confie un peu plus. Et lorsque l’on commence à trop se dévoiler, on se souvient du job : Tuer ou être tué. Alors on se protège, on la protège. On garde secrètes toutes les petites choses susceptibles de se retourner contre soi. On appréhende les pires situations en s’inventant de fausses identités, et on s’y perd. On ne dit plus son véritable nom, on ne parle plus de sa vraie famille. En tant que formateur, en tant que petit-ami, on s’accorde certains droits : Mentir, cacher pour mieux protéger. Et on ne le dit pas. Et un jour, elle l’apprend. Et tout s’écroule. On perd tout ce auquel on tient, et on s’y perd.

Serrant les poings pour ne pas avouer la vérité, une vérité qui la blesserait sûrement un peu plus, Vaughn se mordit la lèvre quelques instants, retenant les mots qui s’apprêtaient à sortir. Mais la volonté n’y était plus.
« MAIS JE LE CONNAISSAIS RAIN ! » Se défendit-il alors qu’elle l’attaquait. « Je ne m’en sers pas comme d’un argument, je donnerais tout pour ne pas avoir le faire, mais je le connaissais Rain. Et crois-moi, il ne voudrait pas que tu te jettes dans la gueule du loup sans même vérifier avant si OUI ce contrat t’apportera les réponses. » Elle s’était retournée vers lui, et avec la nouvelle qu’il venait de balancer, ses yeux ne tarderaient pas à briller de colère et se couvriraient bientôt d’un voile de tristesse. Il la connaissait par cœur à présent. Mais lors de leur première rencontre, il n’avait pas osé lui avouer. Parce qu’en tant qu’agent, on ne se livre pas à la première venue. Même s’il l’avait sentie différente, il n’avait pas pu s’y résoudre.

« Et gifle-moi, déteste moi pour t’avoir menti, ressent ce que tu veux à mon égard après ça, mais s’il te plaît ne doute pas une seule seconde de l’amitié qui me liait à ton frère. J’aurai donné ma vie pour lui, tout comme je le ferais pour toi. Parce que c’est mon foutu job. Pas en tant que formateur, ni en tant qu’agent, ça n’a rien à voir. » Sa voix se brisait derrière une colère atténuée mais mêlée de tristesse, il ne parvenait plus à crier, ses sentiments s’extériorisaient à présent à travers son regard. Il avait pris le relais. Comme à chaque fois. Il n’avait plus la force d’hausser le ton, et ne pouvait plus supporter l’affrontement. C’était désormais des excès de voix très brefs qui soulignaient toute la difficulté qu’il avait de contenir son calme sur ce sujet. « Mais je lui dois à lui, je le dois à ton père et je me le dois à moi-même parce que je t’ … » Il secoua vivement la tête et s’arrêta là, exténué.

En arpentant la pièce pour retrouver un semblant de sérénité, du moins si c’était possible dans un tel cas, mais surtout pour retrouver l’usage de la parole, il s’arrêta à de nombreuses reprises, dos à elle. Elle cherchait des réponses, l’interrogeait, lui parlait et étrangement la colère s’était également volatilisée de sa voix. Il n’y avait plus que questions, angoisse, tristesse.
« Alors qu’est-ce que tu veux Rain ? Qu’est-ce que tu veux vraiment ? » Son regard se faisait suppliant, il avait besoin de réponses. Parce que vivre dans le doute, vivre dans de constantes interrogations, ce n’était seulement plus possible. Après toute cette histoire, après toute cette colère et ses paroles balancées en l’air comme de vulgaires chiffons, il avait besoin de concret. Et il avait besoin d’elle.

Quelques minutes plus tôt, une tempête de colère tournait autour de Rain et de Vaughn, couvrant leurs sentiments par des paroles blessantes pleines d’aigreur et d’amertume. Quelques minutes plus tôt, ils se faisaient face de la manière la plus assassine qui soit. Et désormais, les même quelques mètres les séparaient, mais la colère avait cédé sa place à une vague d’incompréhension, de doute. Le calme en disait long. Beaucoup plus que les tonnes de mots qui avaient pris l’habitude de voler dans cette pièce depuis le début de la soirée. Beaucoup plus. En observant la vie extérieure, les couples se donnant la main et les rires fusant depuis le port, Vaughn ne put s’empêcher de sourire durant quelques secondes, prit d’une soudaine nostalgie.
« Pourquoi aurais-je menti. » Répondit-il sans vraiment y mettre le ton interrogateur attendu, le visage toujours collé à la vitre et l’air beaucoup plus serein. « Je ne mens pas à tous les coups Rain. » Ajouta t-il tout en se retournant. Oui, c’était un tueur compétent. Oui il possédait à sa palette de talent celui de mentir sous n’importe quelle situation, n’importe quelle torture. Mais il savait être sincère. Et, d’une manière assez étrange et paradoxale, il ne lui mentait qu’à propos de son passé, par exemple sur Evan. Mais il lui avouait tout de son présent. Même lorsque la sincérité lui portait préjudice. Comme sur le cas précédent.

Il se rapprocha doucement, et à seulement quelques pas du sofa, s’immobilisa. Elle était assise là, les bras autour des genoux et paraissait si fragile, si désemparée qu’il en perdait la plupart de ses moyens.
« Je suis désolé. » Finit-il par dire. Parce qu’il ne l’avait vraiment jamais dit. Il ne s’était jamais réellement excusé d’avoir agit ainsi. Il s’était expliqué, avait argumenté, s’était défendu corps et âme en prétextant avoir agit dans son intérêt, mais jamais ne s’était excusé. Pour avoir outrepasser ce qui ne serait même pas qualifiables de droits. « Sincèrement. » Incertain, il déposa une main sur son épaule et aussitôt, un frisson lui parcourut l’échine pour venir se loger dans son regard, un regard couvert d’une fine couche « de buée ».

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Lun 25 Mai - 20:28

Avancer, aller de l’avant. Prendre son destin en main, le forcer même. Ne pas se fier aux autres, mais seulement à soi-même. Ne jamais regarder derrière, ne jamais refaire les mêmes erreurs. Éviter coûte que coûte de s’infliger les mêmes peines. Ces adages, elle avait tenté de les appliquer. Mais la réalité est différente de la théorie, comme bien souvent. Aller de l’avant. Quelle idée stupide. Aller de l’avant signifiait faire table de rase du passé, apprendre de ses erreurs et tenter de se cacher derrière un changement. Car c’était bien de cela qu’il s’agissait. Chercher un moyen, n’importe lequel, d’oublier la raison qui vous pousse à, justement, aller de l’avant. Se focaliser sur un nouveau but, une nouvelle vie ou de nouvelles relations pour ne plus penser au reste, au risque de se retrouver incapable de vous défaire de cette idée. C’était probablement pour cela que certains agissaient ainsi. Pour se protéger des anciennes blessures qui ne demandaient qu’à se rouvrir. Il aurait fallut d’un mot, d’un instant pour que tout le chemin parcouru vers l’avant ne s’effondre. C’était en tout cas la manière dont Rain percevait les choses. Si elle avait changé de style de vie, de façon d’agir et de penser, c’était pour se défaire totalement de ce qui la rattachait à ce qu’elle était auparavant. Intégrer la Triade pour oublier la douleur de l’absence. S’y consacrer entièrement, se focaliser sur les cibles et les contrats également. Mais elle n’allait pas de l’avant. Pas au sens strict. Il n’y avait pas le moindre progrès chez elle, pas même de volonté. Ce n’était qu’une façade, un moyen de s’épargner de la vérité, de se laisser croire qu’elle ne se laissait plus dépasser par les évènements. Mais c’était faux. Elle le savait. Mais ne pouvait néanmoins pas y remédier. Malgré elle, elle s’enfonçait irrémédiablement dans le sens inverse. Incapable de faire table rase du passé. De ceux qui avaient un jour compté à ses yeux.

Si leur dispute était allée crescendo, atteignant des sommets en matière de piques assassines et de reproches à peine voilà, le final surpassait de loin tout ce qu’il avait pu lui dire. Eclipsant le reste, ses explications, ses arguments. Tout.
« QUOI ? » Telle une furie, elle se retourna vers lui, presque en tremblant. Comment pouvait t-il seulement penser lui dire cela si ce n’était pas vrai. Mais si effectivement, il avait connu Evan, alors elle lui en voulait encore plus. De lui avoir caché cela. Tout cela. Tout ce qui la concernait plus que personnellement. « C’est un détail de plus dont tu avais oublié de me parler peut être ? ». Secouant la tête pour qu’il ne voit pas les larmes qui lui piquaient les yeux, elle s’éloigna quelques secondes avant de revenir vers lui. Toujours aussi furieuse, chacun des regards qu’elle lui lançait mêlant conjointement colère et désespoir :  « Bien sûr qu’il n’aurait pas voulu que je prenne des risques, c’était mon frère. Mais on ne serait plus jamais ce qu’il aurait voulu, voilà pourquoi il fallait que tu me parles de cela. Il le fallait. » Prononcer ces mots fut plus difficile qu’elle ne l’aurait cru. Jamais elle ne lui avait parlé explicitement d’Evan, même si il savait. Admettre qu’il n’était plus là, même après des années lui était encore difficile. Surtout lorsqu’il mettait à jour des pans entier de sa vie qu’elle ignorait.

Les lèvres de Rain se mirent à trembler lorsqu’il continua. Non, elle ne remettait pas en doute ce qu’il disait, bien qu’elle aurait aimé le faire. Elle aurait aimé croire que tout ce qu’il était en train de lui apprendre n’était destiné qu’à légitimer son acte, mais elle ne pouvait s’y résoudre. Elle lui avait fait une confiance aveugle pendant deux longues années, et si leur dispute lui avait fait réaliser qu’elle avait eu tord, il y a des choses que l’on oublie pas. L’on oublie pas un regard comme celui qu’il avait, ni le ton qu’il employait. Peut être était t’elle naïve, mais c’était ainsi. Lorsqu’il lui annonçait noir sur blanc qu’il aurait pu mourir pour son frère, elle le croyait. Si il l’avait déçu au-delà des mots, elle l’avait longtemps cru exceptionnel. Il l’avait été, et Evan l’était aussi. L’idée qu’ils soient amis était loin d’être incongrue, et semblait maintenant évidente. Expliquait beaucoup de choses. Assemblait les pièces du puzzle qui refusaient jusqu’alors de s’emboiter. Désormais, elle était à deux doigts d’éclater en sanglots, mais se contenait. Pas devant lui. Elle n’était plus une enfant.
 « Je ne te demande pas de donner ta vie pour moi Vaughn, jamais. Seulement de vivre pour moi. ». Sa voix s’était adoucie, tout comme celle de son formateur. Ils avaient atteint le paroxysme de leur dispute un instant auparavant, et ne pouvaient continuer indéfiniment ainsi. Alors ils baissaient d’un ton. Le regret, la peine prenaient progressivement le pas sur la furie furieuse qui les animaient.

« Si seulement je le savait. » Elle ne savait pas ce qu’elle voulait. Ne savait plus. Elle était totalement perdue, incapable de gérer le trop plein d’émotions qu’elle ressentait actuellement. Perdue. Elle était totalement perdue. Il avait été le seul capable de lui apporté l’équilibre, la sécurité dont elle avait besoin. Il avait été celui sur lequel elle pouvait se reposer. Il avait été le seul à qui elle avait accordé une confiance aveugle. Et inconsciemment, c’était ce qu’elle voulait réellement. Le retrouver tel qu’il était. Mais c’était impossible. Trop d’eau avait coulé sous les ponts depuis. « Mais je sais ce que je ne veux pas. Je ne veux pas … ça » D’un signe de main, elle sous-entendit l’état dans lequel ils se trouvaient actuellement.« Je ne veux pas me disputer avec toi Vaughn. Je ne veux plus. Je ne peux plus. » Ses yeux rencontrèrent un instant les siens. C’était effectivement ce qu’elle voulait. Ne plus crier ainsi, avec rancœur et amertume. Malgré tout ce qu’il avait pu lui dire, et faire, elle ne voulait plus le voir comme ça. Elle ne voulait plus le voir passer d’une furie furieuse à une évidente déception. Aussi rancunière qu’elle soit, le voir comme ça était probablement pire que de l’être elle-même, sachant qu’elle en était la cause.

Assise, songeuse, elle avait reprit une attitude posée. Résolue. Elle s’était calmée, avait comprit que ce n’était pas la solution. Ses yeux croisèrent ceux de Vaughn, et elle sentit sa respiration s’accéléré. Son expression avait changé, probablement comme la sienne.
« Je sais. » C’était tout. Elle n’allongea pas, n’avait pas besoin de plus de mots. Celui qui lui faisait pas n’était plus l’étranger. C’était de nouveau celui qu’elle avait connu. Ce regard. Au plus profond d’elle-même, elle reconnaissant cette façon qu’il avait de la regarder qui n’appartenait qu’à lui. Sans ajouter quoi que ce soit, toujours lovée sur le canapé, elle le regardait avancer vers elle. Dans l’expectative, elle n’osait plus penser, émettre la moindre théorie sur ce qui allait suivre. Il pouvait redevenir lui-même comme se remettre à hurler. Elle le connaissait assez pour savoir que, justement, on ne pouvait jamais prévoir comment il réagirait.

Il s’excusa. Lui, Vaughn Llewelyn, s’excusait devant elle. C’était irréel. Elle n’y croyait pas. La seule chose qu’elle attendait sans oser l’espérer, les seuls qu’elle aurait cru qu’il ne prononcerait jamais. Il venait de lui dire. Incapable d’émettre le moindre son malgré sa bouche qui s’était entrouverte, Rain laissa son regard qui se remplissait de larmes glisser vers la main posée sur son épaule. Source d’une multitude de frisson qui la parcourait toute entière. Il s‘agissait des seuls mots capables de lui faire entendre raison. Capables de lui faire comprendre qu‘elle s‘était comportée comme une tête de mûle? Capables de lui montrer avec la plus grande évidence que non, elle ne s‘était pas trompée. Il n‘était pas celui qu‘elle avait cru un instant auparavant. Il était celui qu‘elle aimait, l‘avait toujours été. Elle avait seulement été trop bornée pour s‘en rendre compte.
« Tu es revenu ! » Ce n’était probablement pas la réponse la plus adéquate, mais c’était la seule chose dont elle avait actuellement conscience. « Oh, Vaughn, tu es revenu. » Oubliant tout ce qui s’était passé, bouleversée parce ce qu’il venait de lui dire, elle se leva pour lui faire face, gardant sa main entre la sienne. Un sourire, le premier depuis des jours, naquit lentement sur son visage tendit qu’elle serra sa main entre les siennes. « Je suis tellement désolée aussi. Tu n’as pas idée à quel point. » Avec violence, elle se mordit la lèvre. En disant cela, elle renonçait à sa fierté, à tout ce qu’elle avait mit en avant pendant une longue année pour justifier son attitude. Mais si il était là, s’il avait agit de la sorte, c’était pour une raison bien précise. Et elle ne pouvait plus endurer la situation plus longtemps. Elle avait craqué, et ne le regrettait pas. C’était de lui dont il était question, pas de n’importe qui d’autre.

De nouveau, elle leva les yeux vers elle lui. Elle n’avait plus à faire semblant d’être forte maintenant. Il s’était ouvert à elle, elle pouvait faire de même. Sentant les sanglots longtemps refoulés menacer d’éclater, elle ferma les yeux et fit la première chose qui lui sembla naturelle. Elle se jeta dans ses bras, le seul endroit où elle avait jamais été à l’abris.
« Si tu savais comme je suis désolée. » Et tant pis s’il la repoussait. Tant pis si elle avait mal interprété ses mots. Il lui était impossible de tenir ainsi une seconde de plus. Elle ne pouvait plus faire comme si il n’était pas celui qui détenait son cœur. C’était impossible.

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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Mar 26 Mai - 21:34

Un proverbe arabe dit que, pour bien aimer une vivante, il faut l'aimer comme si elle devait mourir demain. Mais ce proverbe n’explique pas comment agir lorsque, la grande équation de sa vie se résout par : tuer ou être tuée. Il n’explique pas comment agir lorsque la femme aimée risque sa vie à chaque instant, ou porte un neuf millimètre comme d’autres porterait un simple trousseau de clefs, ou cache une lame sous son oreiller en guise de peluche ou peut finalement, transformer une simple fourchette en une arme mortelle. Il n’explique pas comment la protéger, comment se protéger. Comment l'aimer avec la peur constante de la perdre. Alors oui n’importe quel civil confirmera ce proverbe, mais un agent, un assassin jouant avec la mort comme un chat avec une souris, lui vous répondra que ce n'est que foutaise. Parce que l’éventualité de mourir est bien plus présente. Parce que la mort apparaît comme l’un de ses plus, ordinaires mais fatals ennemis.

Voyant le regard furibond qu’elle lui lançait, il jugea plus sage de ne pas en rajouter une couche aussitôt. Il lui fallait du temps pour avaler la pilule. Il comprenait très bien. C’était déjà bien assez dur pour lui, de le lui avouer et de se l’avouer, qu’il n’osait même pas imaginer à quel point la nouvelle devait briser le peu d’espoir animant encore son cœur.
« Je sais que j’aurais du te le dire bien plus tôt. Mais je ne pouvais pas Rain. » Il ne pouvait pas, il ne voulait pas, il n’osait pas. De nombreux verbes pour qualifier ce qui l’avait empêché de le faire. Mais aucun ne serait suffisant. Rien ne pouvait excuser son comportement. Il aurait dû, à un moment ou à un autre, arrêter de lui mentir et avouer qu’il connaissait Evan. C’était une simple question de respect. De sincérité. « Je n’osais pas, » se reprit-il cependant. « Je sais qu’il signifiait tout pour toi, et je ne voulais pas t’annoncer ça de but en blanc comme si c’était une vérité de plus à mon propos. » Son regard était plus doux, sa voix plus posée, et les nombreux silences venaient prouver toute la difficulté qu’il avait à aborder ce sujet. A parler de ses erreurs, et indirectement de ses sentiments. Il n’était pas habitué, Vaughn était un baratineur, un beau parleur. Mais lorsque la sincérité était de mise, il se cachait sous des regards attendrissants, des blagues vaseuses et des sourires envoûtants. L’usage de la parole était dans de tels cas, inimaginables. Mais Rain chamboulait toutes ses pratiques. Et il se retrouvait là, face à elle, à cœur ouvert. Un cœur qu’elle détenait depuis bien longtemps.

« Moi non plus. » Soupira t-il alors que la dispute précédente l’avait exténué au plus haut point. Jouer le rôle du méchant, du cynique et hypocrite ex petit-ami sans cœur, ça ne lui irait jamais. Il avait besoin de fait, de concret. Il voulait savoir où ils en étaient, eux, en tant que partenaires, en tant que couple. « J’ai assez des autres incapables de l’agence avec qui m’engueuler. » Ajouta t-il, un sourire évidemment forcée et à la fois naturel s’étirant péniblement le long de ses lèvres. C’était un trait d’humour, raté, à la Llewelyn, qui n’avait pas vu le jour depuis des décennies. Peut-être moins. Sûrement quelques mois. Ou semaines.

A quelques mètres d’elle, son regard la suivit durant de longues minutes et l’ambré de ses yeux se perdit rapidement dans le bleu des anciens. Comme avant. Lorsque tout allait bien. Lorsque tout paraissait merveilleux, neuf et facile. C’était comme si, au fur et à mesure de la conversation, des barrières s’étaient écroulées, des ponts s’étaient reconstruits et le dialogue rétablit. Peu à peu, ils avaient avancé, chacun de leur côté. Chacun en direction de l’autre. Comme deux îles flottant l’un vers l’autre au gré de tempêtes, d’orages et d’accalmies. Et soudain, alors qu’il doutait encore de l’efficacité de ses derniers mots, la main de Rain se serra autour de la sienne, et dans un mouvement aussi spontané que brusque, elle se dressa devant lui, le regard brillant d’une toute nouvelle émotion. Semblable à celle illuminant son regard à cet instant. Tout au long de la soirée, ils avaient confronté leurs sentiments et s’étaient étonnés de voir qu’ils ressentaient exactement la même chose : déception, colère, amertume, regrets, nostalgie. Mais c’était très certainement celui-ci le plus beau de tous. Le plus bienveillant, et apaisant. Le plus agréable.
« En chair et en os. » Répondit-il, un sourire cette fois naturel, instinctif, sincère et simple, à travers lequel tout son bonheur s’exprimait de nouveau.

Pour la énième fois, ils se tenaient l’un en face de l’autre. Ils se regardaient, s’observaient mais n’analysaient plus rien. Ils ne cherchaient pas à savoir ceux que l’autre ressentait, ce qu’il voulait dire, ce qu’il attendait. Tout était naturel et irréfléchi. Et comme s’ils n’existaient rien d’autres qu’eux, ils se comprenaient, et se suffisaient. Pour la première fois depuis des mois, Vaughn retrouvait le sourire nécessaire au dessin du sien. Il retrouvait la spontanéité enfantine nécessaire à son bonheur, la joie de vivre responsable de la sienne. Dans un de ses excès de folie positive, Rain se jeta dans ses bras et poussa Vaughn à reculer, non pas sous le poids mais bien sous l’effet de la surprise. Parce qu’il ne s’attendait pas à une telle réaction, n’avait jusque là, jamais cerné le pouvoir de mots tel que « Je suis désolé. » Il n’avait jamais compris, jamais su, jamais essayé. Ce n’était pas une marque de vulnérabilité, ou peut-être l’était-ce, mais elle était alors nécessaire. Nécessaire à tout le reste.

Quelques secondes plus tard, il referma ses bras autour d’elle, nicha son visage au creux de son cou, respirant la délicieuse senteur de ses cheveux, le délicat parfum de son corps. Et il se sentit vivre. Comme jamais depuis longtemps. Inconsciemment, il sourit. Un sourire empli de naïveté, de liberté et tellement franc. Il redevenait naïf, puisqu’il croyait de nouveau en l’Amour. Libre puisqu’il était de nouveau la pile électrique chargée de fraicheur et d’inconscience. Franc parce qu’il n’avait (presque) plus rien à cacher.


There's a life inside of me
That i can feel again
It's the only thing that takes me
Where i've never been
I don't care if i lost everything that i have known
It don't matter where i lay my head tonight
Your arms feel like home
Feel like home


Des minutes s’écoulèrent, et aucun d’eux ne bougea. L’instant était précieux. Si précieux. Il y a des moments où l’on rêve que la vie s’arrête, des moments que l’on qualifie de magnifique, merveilleux et inoubliable. Celui-ci en faisait parti. Des retrouvailles. Ils n’avaient peut-être pas tué tous leurs démons, mais le plus gros était fait. Ils s’étaient parlés.

« J’ai un deuxième billet, » lança t-il alors que son visage demeurait enfoui au creux de son cou.
Peut-être brisait-il un silence, un instant rarissime mais il ne pouvait simplement pas resté silencieux.

On parlait de Vaughn tout de même.

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And I will walk on water
And you will catch me if I fall
And I will get lost into your eyes
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Rain Lishka
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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Jeu 28 Mai - 19:55

When you came into my life
It took my breath away
And was love at first sight
All the way


Dans la vie, il n’existe que deux réelles façons d’agir. Par instinct ou par réflexion. L’instinct n’obéit à aucune règle, aucun principe et est par conséquent inexplicable. La réflexion se nourrit de théories, de logique et d’une étude des risques. N’importe quel individu ayant une once de bon sens vous dirait qu’il faut agir de manière réfléchit en pesant le pour et le contre de chaque situation, et il aurait raison. Agir en se fiant uniquement à son instinct était l’entreprise la plus risquée qui soit, celle qui vous expose à d’énormes désillusions et vous met parfois en danger. Pourtant, innombrables sont ceux qui ne réfléchissent pas avant de foncer tête baissée sans se soucier des conséquences, seulement parce qu’un sentiment inexplicable au fond de leur estomac, de leur cœur, leur dit que c’est de cette manière qu’il faut agir, et pas autrement. Il faut une certaine dose de courage, et beaucoup d’inconscience pour faire une confiance aveugle en son instinct. Parce que dans ces cas là, il n’y avait aucune certitude. Cela pouvait être un bon comme un mauvais choix. Un moyen de réussir de manière exceptionnelle comme l’assurance d’une chute mortelle. Le risque était énorme, et la faute ne pouvait être rejetée sur quelqu’un d’autre. C’était avant tout une histoire de volonté. Il ne fallait pas céder, tenir bon, avoir foi en ce que l’on ressent. Et Rain avait toujours agit en fonctions de ses instincts. Peu importe les risques, les conseils, les a priori. Elle agissait comme sa conscience lui dictait, et selon ce qu’elle croyait être le meilleur choix. Souvent, elle s’était trompée. Trop souvent. Sa pire erreur ayant été, à cause d’une dose de fierté mal placée, d’ignorer la seule personne qui comptait pour elle. La seconde étant son attitude de la soirée, lorsqu’elle avait sincèrement cru que tout ce qu’il était n’était qu’une illusion. Pendant un instant, elle s’était persuadé qu’il ne valait pas mieux que tous les autres, qu’elle avait eu tord sur toute la ligne. Pour la première fois de sa vie, elle avait été soulagée d’avoir eu tord. Comprendre, enfin, qu’il était bien celui qu’elle connaissait était la plus belle chose qui lui soit arrivée depuis longtemps. Et si la soirée avait été marquée par une hostilité marquée et violente, l’orage était passé. C’était de l’histoire ancienne. Toute cette année était de l’histoire ancienne. Il n’y avait plus que le présent.

Debout face à Vaughn, refusant catégoriquement l’idée de lâcher sa main, Rain n’avait plus peur de plonger son regard dans le sien. De laisser ses yeux, son visage exprimer toutes les émotions qu’elle ne refoulait plus. Parce qu’elle était ainsi. Une fois qu’elle avait choisit de se livrer, d’abaisser ses défenses et de se montrer sous son véritable jour, elle ne pouvait plus se cacher. Elle était dorénavant incapable de lui cacher quoi que ce soit. Ses sentiments s’imprimaient sur son visage sans qu’elle ne puisse les en empêchait, et ce fut un sourire radieux qui répondit à celui de Vaughn. Le premier sourire plein de joie et de soulagement depuis longtemps. Son regard brillait d’une lueur nouvelle, dont il était l’unique responsable. Et l’unique destinataire. Depuis le jour de leur rencontre, il était le seul à qui elle voulait véritablement plaire. Le seul dont l’avis pouvait la dissuader d‘agir. Le seul dont l’opinion avait une importance. Le seul qui comptait, tout simplement.

Mais l’instant, le moment même où elle comprit qu’ils s’étaient véritablement retrouvé ne fut pas ses mots, mais bel et bien celui où elle sentit les bras protecteurs se refermer en l’étreinte qu’elle aimait tant. Les yeux clos, le visage enfoui contre son épaule, elle se sentait bien. Parfaitement bien. Il n’y avait pas un seul autre endroit dans le monde entier où elle aurait voulu être, rien ne pouvait égaler la sensation de la savoir si proche d’elle, de pouvoir enfin se serrer tout contre lui. Car si elle avait refusé de se l’avouer, c’était avec lui qu’enfin, elle était elle-même. Heureuse. Sa présence la rendait tellement heureuse, et elle ne pouvait s’empêcher de sourire. C’était comme si en le retrouvant, toutes ses craintes, tous ces doutes étaient partis en fumée. Il était là, pour elle.


When you came into my life
The world was not the same
Cause your love has found it’s way
Into my heart


Longtemps, très longtemps, ils restèrent ainsi. Parfaitement immobiles, silencieux. Et Rain savait qu’elle était en train de vivre un des moments les plus important de son existence. Un moment si rare, si magique, si précieux qu’elle tentait d’apprécier à sa juste valeur. Elle tentait de réaliser à la chance qu’elle avait de l’avoir de nouveau dans sa vie, qu’il lui accorde une place dont elle n’aurait même pas osé rêver. Mais ces questions, elle ne voulait même plus se les poser. Elle voulait seulement être avec lui, et l’aimer. Tout simplement.

Mais tous les moments, même les plus beaux, ont une fin. Comme le crépuscule met fin au jour, la voix de Vaughn rompit le silence ponctué par leurs respirations respectives. Et le son de sa voix arracha un frisson à la jeune femme, une fois encore. L’entendre lui parler ainsi, sans ce ton froid ou indifférent était probablement une des choses qu’elle aimait le plus. Avec sa façon de la regarder. Et son caractère aussi. Et tous le reste.


« Heureusement. » Elle avait répondu sans même ouvrir les yeux, toujours blottie contre lui. Elle aurait pu rester des heures ainsi, simplement ainsi. Il était là, la protégeait de l’extérieur en formant une bulle de sécurité. Une bulle où elle était heureuse, tout simplement. Presque à regret, elle se redressa puis lui faire face, gardant ses doigts entrelacés dans les siens. Un sourire naquit sur ses lèvres tendit que ses yeux rencontraient les siens, brillant comme ceux d’une enfant en passe de commettre la bêtise de sa vie. : « Parce que je n’irai nulle part sans toi. » Elle marqua une courte pause, semblant réfléchir en se mordillant la lèvre inférieure : « Ou alors tu n’iras nulle part sans moi, je te laisse le choix du point de vue tant que tu vois l’idée générale. Toi, moi, n’importe où. »

Son raisonnement était simple, clair, irréfutable. Ils avaient tant de choses à rattraper, tant d’instants manqués depuis tout ce temps qu’ils ne pouvaient pas s’éloigner des semaines comme avant. Si n’en avait tenu qu’à elle, Rain ne l’aurait jamais laissé quitter son champ de vision et aurait effectué le moindre de ses contrats avec lui. Parce qu’avec lui, rien en pourrait lui arriver. Le plus étrange cependant, c’était que même s’il s’était écoulé une année entière depuis la dernière fois qu’ils s’étaient enlacés ainsi, cela semblait naturel à la jeune femme. Réflexe. Être ensemble, être eux-mêmes ne demandait pas d’effort. C’était son instinct qui prenait le dessus, et lui dictait de réparer les erreurs qu’elle avait commises auparavant.

« Viens par là. » Sans lui demander son avis, elle l’attira contre elle et se dressa sur la pointe des pieds, ses bras venant naturellement se nicher autour de son cou. Son cœur manqua un battement, puis un autre : elle avait presque oublié l’effet qu’il produisait sur elle, la déferlante de sentiments que sa proximité provoquait en elle. Une expression taquine dans le regard, elle scruta chaque parcelle de son visage, changée mais pourtant toujours aussi familière. Et elle se maudissait de ne pas savoir ce qu’il avait vécu, les épreuves qu’il avait probablement enduré au court de cette année sans qu’elle ne puisse le soutenir. Mais on ne change pas le passé. C’est impossible.

« Tu ne crois pas avoir oublié un léger détail ? »

When you came into my life.
It took my breath away
You set my heart on fire
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MessageSujet: Re: Train this chaos, turn it into light [R.]   Mar 28 Juil - 11:06

D’un côté, Vaughn Llewelyn. Un homme qui, sur de nombreux points, ressemblait aux autres. Il se réveillait au son d’une radio infernale, se lavait dans une salle de bain banale, s’habillait de vêtement ordinaires, organisait des soirées bières, bars, beuveries, se couchait avec des maux de tête carabinés, avalait deux trois aspirines pris dans la pharmacie du coin, chutait, se relevait, perdait aux jeux d’argent, ruminait lors d’une coupure de courant, suivait les matchs de tennis comme si sa propre vie en dépendait, s’empiffrait de confiseries et ainsi de suite. Toutefois son métier l’écartait du reste de la population. Il tuait des hommes pour vivre, ne se déplaçait jamais sans une arme sur lui, sa voiture était truffé de faux passeports, de perruques, de costumes, d’une technologie encore inconnue aux yeux du monde dit « officiel » et pour finir, il mentait comme un poisson respirait sous l’eau. Il mentait sur son âge, son métier, ses amis, sa famille, son passé, ses connaissances, ses habitudes, ses loisirs. Tout était faux mais paraissait vrai, dès lors qu’il le décidait. Les détecteurs de mensonge se perdait même à démêler le faux de ses paroles. C’était son gagne-pain, la base de tout son job.

De l’autre, l’inévitable. Naître. Mourir. Deux destinations, deux évènements naturels et bel et bien inévitables. Ils rythment et marquent notre vie à tous. Les petits et les grands, les gros et les maigres, les riches les pauvres, les connus les inconnus, les terriens et peut-être même les extra-terrestres. On passe tous par ces deux points existentiels. L’un nous amène à la vie, l’autre nous en retire. Personne ne peut éviter la mort. Personne ne contrôle ces données. Personne ne contrôle la vie. Ni ses aléas. Personne ne décide de tomber désespérément amoureux, personne ne demande de cruellement s’inquiéter pour autrui. Si on le pouvait, on tendrait même à demander le contraire. Car oui, si personne ne tient les ficelles de la vie, personne non plus ne se cache derrière le sentiment créateur : L’Amour. Il touche tous les hommes, les fait voler, les fait tomber. Il leur apporte du bonheur, joue avec leur malheur, s’amuse de leur gaucherie et finalement, les réuni. Pour le meilleur et pour le pire.

Contrairement à de nombreuses situations, celle-ci ne demandait pas de choisir son camp. Il avait beau être Vaughn Llewelyn, l’inévitable le touchait. De très près. Autant que n’importe qui, voire plus. Parce qu’on ne naît peut-être pas assassin, mais on meurt en tant que tel. Et parce que l’Amour, quelque soit votre « foutu » job vous tombe tout autant dessus. Peut-être même mieux lorsque vous êtes envoyé en mission sous-couverture avec un agent de sexe opposé, pendant un laps de temps indéterminé. Lorsque vous devez compter sur l’autre comme vous compteriez sur vous-même. Lorsque vous remettez votre vie dans ses mains, et ne devez ni douter ni espérer mais seulement agir. Vaughn avait été, était et serait toujours le formateur de Rain. Il veillerait toujours sur elle en tant qu’agent, la protègerait toujours en tant que tel, s’occuperez de ses contacts, de ses entrainements comme s’il était question de lui. On lui avait demandé, et préparé à de telles choses. Cependant, personne ne lui avait dit, ne l’avait préparé, ni formé à tomber amoureux. C’était une alternative, une option dont il devait s’occuper seul, faire face sans l’aide de personne. Il apprenait sur le tas, commettait des erreurs comme il n’en avait jamais fait. Et au fur et à mesure, ce qu’il considérait comme un fardeau, une honte, l’inacceptable, s’était transformé en une raison de vivre, un cadeau, un bonheur brut et inaltérable. Il l’aimerait toujours. Veillerait sur elle, la protégerait, s’occuperait d’elle comme de lui-même. Personne ne lui avait demandé, ni imposé. C’était naturel, inévitable. C’était un point existentiel de sa vie.

Face à face, Rain et Vaughn se retrouvaient après un an de distance. Un an durant lesquels ils s’étaient vus sans se parler, fréquentés sans se connaître, avaient cultivé l’ignorance, l’oubli et le regret. Ils se retrouvaient finalement, après toutes sortes d’expériences et d’évènements qu’ils auraient dû partager mais avaient supportés seuls. Seuls contre tous.
« Je vois l’idée générale. » Souffla t-il le regard rivé sur elle, un sourire s’étendant le long de ses lèvres. Naturellement, sincèrement, naïvement. A cet instant, ce qu’il ressentait était incroyable, impensable, inimaginable. Il sentait naître, vivre et mourir à la fois. Naître parce que la voir, la sentir près de lui, tout lui faisait voir les choses sous un nouvel ange, qu’il n’avait jamais connu auparavant. C’était la teinte de gris dans un monde en noir et blanc. La touche de couleur sur un paysage grisâtre. Vivre parce que sa vie ne se déroulait qu’à ses côtés, l’oxygène nécessaire ne se retrouvait qu’autour d’elle. C’était le composant manquant à sa formule chimique personnelle. L’autre moitié de son cœur et de son être. Mourir parce qu’il laisserait sa vie pour elle, quoi qu’elle dise et en pense. Elle faisait partie de lui, et à cet instant, même l’impossible était à portée de main. Selon lui. Et il aurait fait n’importe quoi pour elle. Et si sa vie devait s’arrêter, que ce soit maintenant, ou non, mais à ses côtés. Il avait tout pour être heureux.

« Rappelle-moi de ne jamais vivre une nouvelle année sans toi. » Leurs yeux se contemplèrent, de longues minutes durant. L’ambré de ses yeux dans le miroitant des siens. Il serra une nouvelle fois ses mains dans les siennes, s’assurant ainsi qu’il ne rêvait pas. Qu’il vivait réellement cet instant de retrouvailles et ne l’imaginait pas, comme il l’avait fait des centaines, des milliers de fois. Les décalant doucement, désormais rassuré, il vint lui caresser la joue dans un geste délicat, une façon de faire que cette année n’avait pas connue mais n’avait pas non plus fait oublié. Replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille, il l’observait méticuleusement, chaque parcelle de son visage s’encryptait dans son esprit. Dans un langage plus logistique, il faisait une mise à jour et récupérait toutes les informations nouvelles. Tout ce qu’il avait manqué cette année. Une nouvelle mimique, un nouveau plissement de peau, un grain de beauté, une cicatrice. Celle par exemple qui s’était dessiné au creux de son cou. Passant lentement et sûrement son pouce dessus, il essayait de l’effacer par sa simple force d’esprit, imaginait millier de scénarios quant à la façon dont elle était apparue. Il ne voulait pas en imaginer les circonstances. Il s’en voulait de ne pas avoir été là, de ne pas avoir tué celui qui l’avait abimée, elle le fruit de son bonheur. « J’aurai dû être là. » Prononça t-il alors qu’elle inversait les rôles et enfouissait cette fois, son visage au creux de son cou. « Il ne t’arrivera plus rien. » Il remonta sa main derrière sa chevelure et un frisson le parcourut vivement. « Je m’en assurerai personnellement. » Il avait besoin d’elle, elle avait besoin de lui. Et savoir qu’elle avait besoin de lui, ce sentiment lui donnait une confiance extrême, une assurance jusque là inconnue. Sa force était renouvelée. Un nouveau sourire naquit aux commissures de ses lèvres, tandis que Rain relevait son visage vers le sien.

Oh oui. T’as raison. J’avais dit à une blonde en bas de l’escalier que je la rejoindrai le plus vite possible. » Arborant un regard à la fois sérieux et désolé, ses lèvres s’étendirent en un bien plus large sourire, qui se déploya même en un léger rire des plus amusé. Il essaya de se dégager de son étreinte, gardant une de ses mains dans la sienne. A quelques centimètres, tandis qu’il marchait vers la porte d’entrée, il se retourna, faisant volte-face, et la ramena contre lui dans un rire franc. Elle avait cette mine boudeuse et douteuse qu’il adorait faire naître chez elle. Elle était terriblement mignonne.Un court instant, et son rire se mua, ses lèvres s’approchèrent lentement, dangereusement de celles de Rain. Un long et intense regard plus tard, elles se fixèrent l’une à l’autre, comme deux aimants, unies peu importe le contexte, peu importe les évènements. Jointes par quelque chose de plus fort, de plus haut. Liées.
Ils avaient attendu ce moment tellement longtemps, mais c’était tout autant naturel, irréfléchi, sincère et franc. C’était comme récupérer de l’air après une trop longue apnée. Le bonheur ressenti était inégalable. Impensable. Mais avouable.

Ils étaient heureux.

Peu importe le « bordel » qu’était le monde à cet instant.

Ils s’aimaient.

Et c’était le plus important.

De très loin.


TRAIN THIS CHAOS, TURN IT INTO LIGHT.

FINIT

_________________

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